Dans une déclaration marquante à l’occasion d’une visite à la capitale du Ndiambour, le leader des Patriotes a vivement critiqué l’absence de décret présidentiel fixant la date des prochaines élections locales. Ousmane Sonko a souligné que le président de la République dispose pourtant des prérogatives nécessaires pour prendre un tel texte, comparant cette situation aux récents limogeages qui ont marqué l’actualité politique.
« Établir un décret pour évincer Fadilou Keïta ou Waly Diouf Bodiang relève de ses attributions, nul ne le conteste. Pourtant, il doit agir avec la même détermination pour publier le décret convoquant le scrutin. Il s’agit simplement de décrets, rien de plus », a-t-il affirmé, en référence aux départs controversés de ces deux figures administratives lors d’un Conseil des ministres récent. Waly Diouf Bodiang a cédé la direction du Port autonome de Dakar au profit de Doune Pathé Mbengue, tandis que Fadilou Keïta, bien que déterminé à conserver son poste à la tête de la Caisse des dépôts et consignations, a vu sa situation devenir plus incertaine.
Lors de cette mobilisation populaire, Ousmane Sonko a réitéré son refus catégorique d’un report des élections locales, une position qu’il défend avec insistance depuis le début de sa campagne de distribution des cartes électorales à la fin du mois de juillet. Ses propos interviennent alors que les experts en droit électoral, comme Djibril Gningue, alertent sur l’urgence d’une décision présidentielle : le président ne disposerait plus que de quelques jours pour signer ce décret avant que le calendrier légal ne devienne irréalisable.
Cette prise de parole directe envers le chef de l’État reflète les frictions persistantes entre les deux branches du pouvoir exécutif et législatif. À ce jour, aucun texte officiel n’a encore été publié pour convoquer le corps électoral, alimentant les spéculations et les tensions autour de la tenue du scrutin.
