Un outil stratégique pour la lutte contre les flux financiers illicites
Le ministre de l’Économie, des Finances et du Budget ivoirien, Adama Coulibaly, a officiellement inauguré ce mercredi un Centre d’Information flambant neuf à Cocody, symbole d’une avancée majeure dans la coopération régionale contre la criminalité financière. Cette infrastructure, mise à disposition par le Gouvernement ivoirien, s’inscrit dans le cadre des engagements pris avec le Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique (GIABA).
Cette initiative s’ajoute à une dynamique régionale initiée dès 2010, lorsque les États membres de la CEDEAO ont acté la création de deux centres dédiés : l’un à Lagos pour les pays anglophones, l’autre à Abidjan pour les pays francophones et lusophones.
Un historique marqué par des étapes clés
Le Centre d’Information du GIABA à Abidjan a vu le jour le 21 septembre 2015, après la signature d’un Accord de Siège entre la Côte d’Ivoire et l’organisation, formalisé lors d’un sommet de la CEDEAO à Yamoussoukro. Cette structure, initialement conçue pour couvrir les États francophones et lusophones, a depuis joué un rôle central dans la sensibilisation et la formation des acteurs locaux.
Adama Coulibaly a souligné l’urgence d’adapter les réponses aux méthodes de plus en plus sophistiquées de blanchiment et de financement du terrorisme. Selon lui, »aucun État ne peut agir seul face à ces défis complexes«, insistant sur la nécessité d’une coopération régionale renforcée.
Un centre élargi pour une réponse régionale renforcée
Le nouveau site d’Abidjan se positionne comme une plateforme polyvalente, dédiée à la sensibilisation, à la formation, à la documentation et à la recherche. Il s’adresse à l’ensemble des acteurs impliqués dans la prévention et la répression des flux financiers illicites : administrations publiques, institutions financières, magistrats, médias, société civile et universitaires.
Des activités diversifiées pour un impact durable
Depuis son ouverture initiale en 2015, le centre a multiplié les initiatives : journées portes ouvertes pour les jeunes, conférences publiques, concours d’art oratoire, séminaires de formation pour les médias et les leaders religieux. Ces actions ont permis de mobiliser des acteurs clés et de renforcer les capacités locales.
Avec ses nouveaux locaux, le centre ambitionne d’aller plus loin. »Il s’agit d’un investissement stratégique pour les États francophones et lusophones de la CEDEAO«, a déclaré le Directeur général du GIABA, Edwin W. Harris Jr. L’objectif ? Faire de ce lieu un carrefour régional du savoir, où innovation et coopération se conjuguent pour endiguer la criminalité financière.
Le Centre de Formation Assistée par Ordinateur : une innovation majeure
Parmi les avancées les plus remarquables, le centre intègre désormais un Centre de Formation Assistée par Ordinateur (CBT). Cet outil permet de proposer des modules spécialisés, adaptés aux besoins des différents publics cibles : autorités compétentes, institutions financières, professions assujetties, magistrats, services d’enquête, chercheurs et étudiants.
Les formations, sanctionnées par des certificats, contribueront à professionnaliser les acteurs et à consolider l’expertise régionale en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT).
Une transition symbolique avant le départ du Directeur général
Cette inauguration prend une dimension particulière, à quelques jours de la fin du mandat d’Edwin W. Harris Jr. à la tête du GIABA, prévue le 31 août 2026. Le nouveau centre incarne ainsi un héritage durable pour les États membres de la CEDEAO, garantissant la continuité des efforts dans la lutte contre les flux financiers illicites.
Les autorités, les partenaires techniques et financiers, ainsi que tous les acteurs concernés sont invités à s’approprier ce lieu et à participer activement à ses activités. Une attention particulière sera accordée aux jeunes, aux étudiants et aux chercheurs, afin de faire de ce centre un vecteur d’intégrité, de bonne gouvernance et de développement économique pour l’Afrique de l’Ouest.
