Cartographie des services d’aide aux victimes de VBG à N’Djamena : un outil clé pour le Tchad

À N’Djamena, la lutte contre les violences basées sur le genre (VBG) prend une nouvelle dimension avec la validation prochaine d’une cartographie détaillée des services d’assistance juridique et psychosociale. L’Association des féministes leaders pour l’accès aux droits et à l’équité du genre au Tchad (AFLADEGT) organise un atelier de deux jours, dédié à l’examen et à l’enrichissement de cette étude stratégique. Cet événement, prévu du 12 au 13 août, s’inscrit dans le cadre du projet WISH 2-WACA, visant à optimiser l’orientation des victimes et à renforcer la coordination entre les acteurs du secteur.

Une étude au service des victimes de violences au Tchad

Pendant ces deux journées de travail, les participants – issus des ministères concernés, de la société civile, des partenaires techniques et financiers ainsi que des structures spécialisées – auront pour mission d’analyser et d’améliorer les résultats de cette cartographie. L’objectif est clair : offrir aux victimes un accès rapide et efficace aux services adaptés, tout en consolidant les mécanismes de prise en charge.

Un plaidoyer pour des actions concrètes

Wouténé Mélissa, présidente de l’AFLADEGT, insiste sur le caractère essentiel de cet outil. Selon elle, cette cartographie ne se limite pas à un simple document : elle doit devenir un levier d’orientation, de coordination et de plaidoyer auprès des décideurs publics. « Lorsqu’une femme ou une fille est victime, chaque seconde compte. Elle doit pouvoir identifier immédiatement où trouver de l’aide, quels services contacter et bénéficier d’un accompagnement adapté », explique-t-elle. L’étude révèle en effet des lacunes majeures dans la couverture des services, l’information des victimes et les mécanismes de référencement, nécessitant des corrections urgentes.

Des défis persistants malgré les avancées

Dr Kadidja Amadaye Abgrene, directrice de la santé de la reproduction, rappelle que les VBG restent une violation grave des droits humains. Bien que des progrès aient été enregistrés – notamment avec le renforcement du cadre juridique et la création de centres multisectoriels – des obstacles majeurs subsistent. Parmi eux, le manque d’accompagnement juridique réel pour moins de 11 % des victimes identifiées, la préférence accordée aux règlements à l’amiable et les faiblesses dans les systèmes de référencement coordonné.

Des inégalités territoriales et des besoins criants

Les conclusions de l’étude mettent en lumière des disparités territoriales dans l’accès aux services à N’Djamena. Certains arrondissements bénéficient d’une meilleure couverture, tandis que d’autres peinent à offrir des espaces sécurisés et confidentiels aux victimes. Par ailleurs, les besoins en ressources humaines et matérielles se font cruellement sentir, limitant la qualité et l’efficacité des prises en charge.

Pour Dr Kadidja Amadaye Abgrene, ces résultats doivent désormais servir de base pour des actions ciblées : améliorer l’orientation des victimes, fluidifier les échanges entre secteurs et éclairer les politiques publiques en matière de VBG.