La capitale bissau-guinéenne, Bissau, accueille aujourd’hui une délégation sénégalaise de haut niveau. Cette visite s’inscrit dans une démarche diplomatique régionale visant à structurer les négociations avant le référendum constitutionnel prévu fin août. C’est une étape clé pour tenter de sortir de l’impasse institutionnelle qui paralyse le pays depuis près d’un an.
Une mission diplomatique sous mandat régional
Jeudi dernier, une forte délégation sénégalaise s’est rendue à Bissau pour engager des pourparlers avec les autorités de transition. Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’un mandat confié par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) lors de son sommet de juillet dernier à Freetown. Le président sénégalais avait alors été désigné pour piloter cette médiation, une responsabilité confiée à ses deux ministres les plus influents : Cheikh Niang, chef de la diplomatie, et Yankoba Diémé, ministre de la Défense.
Cette rencontre marque la première étape concrète depuis l’adoption de cette résolution régionale. Les discussions ont porté sur les modalités d’accompagnement du processus de transition, avec un objectif clair : rétablir un cadre démocratique viable et organiser des élections dans les meilleurs délais.
Un échange direct avec le général Horta Ntam
Le général Horta Ntam, président de la transition en Guinée-Bissau, a reçu la délégation sénégalaise pour échanger sur les prochaines étapes. Selon les informations disponibles, Cheikh Niang a présenté les grandes lignes d’un plan d’action conçu pour « faciliter le retour à l’ordre constitutionnel et garantir la tenue d’élections libres et transparentes ».
Les deux parties ont convenu de maintenir un dialogue régulier afin d’accélérer la mise en œuvre des accords. Une seconde réunion est d’ores et déjà envisagée dans les prochaines semaines pour acter officiellement le début des négociations et définir un calendrier précis.
Un contexte politique toujours tendu
La situation en Guinée-Bissau reste fragile depuis le coup d’État du 26 novembre 2025, qui avait entraîné la chute du président Umaro Sissoco Embalo et la suspension des processus électoraux. Pour amorcer le déblocage institutionnel, les militaires au pouvoir ont annoncé l’organisation d’un référendum constitutionnel pour le 30 août 2026. Ce scrutin vise à réviser la loi fondamentale et constitue une première étape vers une normalisation politique.
Cette médiation sénégalaise intervient dans un contexte où la communauté internationale suit de près l’évolution de la transition. Le succès de cette initiative dépendra en grande partie de la capacité des parties à s’accorder sur un cadre consensuel, permettant de restaurer la confiance et de relancer les institutions démocratiques.
