Gabon : Geoffroy Foumboula Libeka Makosso alerte sur les dérives verbales et interpelle le pouvoir

Face à l’escalade des discours injurieux et offensants attribués à certains activistes gabonais résidant à l’étranger, Geoffroy Foumboula Libeka Makosso exhorte à une distinction claire entre la liberté d’expression légitime et les dérapages verbaux. Lors d’une conférence de presse tenue le 11 août 2026 à Libreville, ce leader de la société civile a fermement condamné les attaques récentes visant le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, ainsi que son épouse et sa mère. Parallèlement, il a interpellé les autorités sur leurs interactions avec des activistes connus pour leurs outrances, plaidant pour une réponse judiciaire systématique aux infractions caractérisées, plutôt qu’une simple indignation passagère.

Le débat public peut être intense et passionné, sans pour autant sombrer dans l’injure. C’est, en substance, le principe défendu par Geoffroy Foumboula Libeka Makosso. Face aux récentes déclarations imputées à un activiste se faisant appeler « Lanlaire », l’acteur de la société civile estime qu’une ligne rouge a été franchie dès lors que la contestation politique délaisse le terrain des idées pour s’en prendre personnellement au chef de l’État et aux membres de sa famille.

La liberté d’expression ne saurait tout autoriser

Pour Geoffroy Foumboula Libeka Makosso, l’engagement civique ne saurait être confondu avec l’invective. Rappelant son propre parcours, il a souligné avoir bâti son action sur des plaidoyers, des prises de position publiques et, si nécessaire, des recours judiciaires. En d’autres termes, « ne pas être d’accord ne signifie pas insulter son adversaire ».

Le porte-parole de la société civile a surtout insisté sur le fait que la restauration de l’ordre constitutionnel au Gabon implique, selon lui, un retour à l’application rigoureuse des règles de droit. Si la période de Transition a pu favoriser une réconciliation avec certains compatriotes établis à l’étranger, cette volonté d’apaisement ne saurait désormais être perçue comme une immunité permanente.

« L’insulte, la diffamation, l’outrage (…) sont des délits et non la manifestation de la liberté d’expression », a-t-il affirmé. Cette déclaration vise à rappeler que la critique des institutions et des gouvernants reste légitime, mais qu’elle n’exonère pas leurs auteurs de répondre d’éventuels abus devant les juridictions compétentes. L’acteur civique a ainsi condamné « avec la dernière énergie » les propos attribués à « Lanlaire » à l’encontre de Brice Clotaire Oligui Nguema, de la Première dame et de la mère du président de la République.

Les rapports entre le pouvoir et certains activistes questionnés

Toutefois, Geoffroy Foumboula Libeka Makosso ne limite pas ses critiques aux seuls auteurs des dérives. Il interpelle également l’entourage du pouvoir sur ce qu’il qualifie de proximité récurrente avec certains activistes de la diaspora, qui ont pourtant bâti leur notoriété sur des propos particulièrement virulents à l’égard des autorités.

Il a notamment évoqué des invitations au Gabon, des apparitions sur des médias publics, ou encore des démarches qui auraient été entreprises auprès de certains activistes lors de déplacements présidentiels. Ces affirmations, formulées par l’intéressé lors de sa conférence de presse, méritent pour certaines d’être corroborées.

Geoffroy Foumboula Libeka Makosso a également rapporté qu’un activiste aurait publiquement déclaré avoir reçu 150 000 euros, soit près de 100 millions de FCFA, d’un membre de la délégation présidentielle pour s’en prendre verbalement au chef de l’État. Il convient de souligner qu’il s’agit, à ce stade, d’une allégation rapportée par le conférencier et non d’un fait judiciairement établi.

Mettre fin à cette trop grande proximité

C’est précisément sur ce point que le leader de la société civile appelle la présidence et les autres institutions à clarifier leur position. « Le Président de la République et ses collaborateurs doivent mettre fin à cette trop grande proximité avec ces présumés activistes dont l’outrage et les insultes sont les seuls états de service », a-t-il déclaré, estimant qu’il en va de « l’image de la République ».

Selon lui, l’absence de réponse judiciaire face à certaines dérives peut engendrer chez leurs auteurs un sentiment d’impunité. Plus encore, elle risque d’ancrer l’idée que l’outrance constitue désormais un moyen efficace pour obtenir de la visibilité, voire accéder aux cercles du pouvoir.

Son raisonnement interpelle donc autant les auteurs des propos que les institutions chargées de faire respecter la loi. Car condamner publiquement une dérive sans mobiliser, lorsque les conditions légales sont réunies, les instruments prévus par le droit pourrait contribuer à banaliser les comportements dénoncés.

Des poursuites plutôt qu’une banalisation des insultes

Geoffroy Foumboula Libeka Makosso demande ainsi aux autorités administratives et judiciaires « d’engager des poursuites judiciaires contre les auteurs de ces dérives ». À défaut, estime-t-il, l’opinion publique pourrait finir par croire que certains activistes bénéficient d’une forme de protection.

L’acteur civique interpelle enfin les internautes eux-mêmes. Il les invite à ne plus contribuer à la viralité des contenus injurieux en se désabonnant des comptes concernés, en évitant leur partage et en utilisant les mécanismes de signalement proposés par les plateformes.

Cette prise de position soulève, au-delà de la polémique actuelle, une question plus vaste sur la qualité du débat public gabonais. La liberté d’expression demeure essentielle à toute démocratie, y compris lorsqu’elle dérange le pouvoir. Mais pour Geoffroy Foumboula Libeka Makosso, la contradiction politique ne gagne rien à se transformer en humiliation personnelle : critiquer relève du débat démocratique ; l’éventuelle infraction, elle, relève du juge.