CNSA en RDC : une démarche pour préparer le dialogue national

CNSA en RDC : une démarche pour préparer le dialogue national

Illustration du processus de recensement des prisonniers politiques en RDC

En République démocratique du Congo, une semaine après le lancement du recensement des prisonniers politiques et d’opinion, le Conseil national de suivi de l’Accord et du processus électoral (CNSA) rappelle que cette initiative concerne l’ensemble des ayants droit. Il met en avant un principe fondamental : l’égalité devant la loi, sans distinction aucune.

Cette démarche s’inscrit dans une volonté de désamorcer les tensions, préalable indispensable à la tenue d’un dialogue inclusif en RDC. Le CNSA ambitionne de constituer une liste exhaustive des personnes concernées, qui sera transmise au président Félix Tshisekedi. Ce dernier pourra ainsi prendre des décisions avant l’ouverture des discussions entre les différentes forces politiques du pays.

Une liste en préparation pour évaluer les cas d’amnistie

Le CNSA a établi des critères précis pour examiner les dossiers des individus potentiellement éligibles à une amnistie. Parmi les personnalités évoquées figurent Aubin Minaku et Emmanuel Ramazani Shadary, respectivement vice-président et secrétaire permanent du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), lié à l’ancien président Joseph Kabila.

Le CNSA souligne que le recensement des prisonniers politiques et d'opinion concerne tous les ayants droit. Il insiste sur un principe : l'égalité devant la loi.

Un rappel des principes juridiques par le CNSA

« Je pense qu’une personne arrêtée doit être présentée devant un juge dans un délai de 48 heures. Or, selon les informations dont nous disposons, certains détenus croupissent en prison depuis près de six mois », déclare Joseph Olenghankoy, président du CNSA. Il insiste sur la nécessité d’examiner chaque dossier individuellement, tout en soulignant les irrégularités constatées : « Le droit n’a pas de couleur. Si une personne a droit à la justice, elle doit en bénéficier. Notre mission est de soumettre ces préoccupations à l’autorité compétente afin de faciliter la libération des détenus et, par conséquent, le dialogue entre les Congolais. »

Le PPRD salue l’initiative du CNSA

La famille politique d’Aubin Minaku et d’Emmanuel Ramazani Shadary accueille favorablement cette démarche. Lucain Kasongo, cadre du PPRD, se montre optimiste : « Si cette initiative du CNSA permet la libération de nos camarades détenus, nous ne pouvons que l’approuver. Peu importe l’origine de cette initiative, l’essentiel est qu’elle contribue à libérer Aubin Minaku, Emmanuel Ramazani Shadary, Dunia Kilanga, Parole Kamizelo et bien d’autres. Nous ne pouvons que soutenir cette action. »

Des condamnations à mort à reconsidérer pour apaiser les tensions

Parmi les cas sensibles figurent également des personnalités condamnées à mort, comme l’ancien président Joseph Kabila et Corneille Nangaa, coordonnateur de la rébellion de l’AFC/M23. Timothée Mbuya, coordonnateur de l’ONG Justicia ASBL, estime que l’annulation de ces condamnations pourrait renforcer la confiance politique nécessaire à l’organisation d’un dialogue inclusif. « Une mesure politique doit être prise pour annuler les condamnations, notamment celles de Joseph Kabila et Corneille Nangaa. Ces décisions participent activement à la création d’un climat de confiance indispensable pour le dialogue. »

L’efficacité de cette initiative du CNSA reste à démontrer, alors que les appels à un dialogue inclusif se multiplient en RDC. Une chose est sûre : cette démarche pourrait marquer un tournant dans la recherche d’une solution pacifique aux tensions politiques actuelles.