Tragédie au Mali : des frappes de drones tuent au moins dix civils lors d’un mariage traditionnel
Un drame sanglant a frappé la localité de Téné, dans le centre du Mali, où des frappes de drones attribuées à l’armée ont causé la mort d’au moins dix civils. Parmi les victimes figuraient des jeunes en route vers une cérémonie de mariage collectif, révélant l’ampleur des risques encourus par les populations civiles dans cette région sous tension.
Dimanche, des drones militaires ont ciblé un cortège de motos près de Téné, dans la région de San. L’attaque a coûté la vie à au moins neuf jeunes, dont certains se rendaient vers une célébration nuptiale collective. Ce drame survient alors que la région traverse une période particulièrement violente, marquée par des affrontements entre les forces armées, des groupes jihadistes et des milices locales.
Selon les témoignages recueillis sur place, les frappes ont transformé une journée festive en un deuil collectif. « Dix de nos enfants ont été tués par des tirs dont on ignore toujours l’origine exacte », a confié un habitant sous le choc. « Ce qui devait être un moment de joie s’est changé en une tragédie : nos familles pleurent leurs proches aujourd’hui. »
Les autorités locales ont confirmé le bilan macabre, évoquant au moins dix victimes. « Un mariage devait avoir lieu quand les drones ont frappé. Nous sommes sous le choc, c’est une perte irréparable pour notre communauté », a déploré un élu de la zone.
Une crise sécuritaire qui s’aggrave
Ces frappes s’inscrivent dans un contexte de violences accrues au Mali, où les groupes armés multiplient les attaques depuis fin avril. Les jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), alliés à Al-Qaïda, ainsi que le Front de libération de l’Azawad (FLA), ont mené des offensives d’envergure les 25 et 26 avril, affaiblissant davantage les positions de la junte militaire.
Les pertes humaines et territoriales s’accumulent : plusieurs localités stratégiques, dont la ville de Kidal, ont été perdues. Parallèlement, des axes routiers menant à Bamako sont paralysés par des barrages et des incendies de véhicules de transport, perpétrés par les groupes armés. Début mai, des attaques revendiquées par le JNIM ont également fait des dizaines de morts dans le centre du pays.
Les populations civiles, souvent prises en étau entre les belligérants, paient un lourd tribut. Accusées de collaboration avec l’un ou l’autre camp, elles subissent des représailles de la part de l’armée, de ses alliés ou des groupes armés. Une plainte a d’ailleurs été déposée fin avril par des organisations de la société civile devant la Cour africaine des droits de l’homme, dénonçant les exactions imputées aux forces maliennes et à leurs partenaires étrangers.
Un climat de méfiance et d’insécurité généralisée
La situation au Mali reste extrêmement volatile, avec des répercussions dramatiques pour les habitants. Les mariages, les déplacements et les activités quotidiennes deviennent des prises de risque permanentes. Les drones, autrefois perçus comme des outils de surveillance, sont désormais redoutés pour leur potentiel meurtrier.
Les autorités tentent de rétablir l’ordre, mais l’affaiblissement de la junte et la multiplication des fronts compliquent toute solution durable. Entre blocus routiers, attaques ciblées et représailles aveugles, le pays sombre dans une spirale de violences dont les civils sont les premières victimes.
