Au Sénégal, le ministre Mabouba Diagne a pris la décision d’engager des poursuites judiciaires pour diffamation contre plusieurs organes de presse. Il leur reproche la diffusion de renseignements erronés le liant à des irrégularités prétendument révélées dans un document de la Cour des comptes. Cette démarche légale soulève d’importantes interrogations sur l’équilibre entre la liberté d’expression médiatique et la responsabilité journalistique au sein du pays.

Mabouba Diagne, qui occupe le portefeuille de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, a officiellement déposé une plainte auprès du procureur de la République près le tribunal de grande instance de Dakar. L’action vise des accusations de diffamation et de propagation de fausses informations, enregistrée au parquet sous le numéro 8815.
Les griefs du ministre contre la presse
Le ministre reproche à divers médias d’avoir diffusé des articles qui l’impliquaient directement dans des dysfonctionnements cités dans un rapport de la Cour des comptes. Ce document concernait la gestion de matériel agricole bénéficiant de subventions. Les publications incriminées auraient commencé à circuler dès le vendredi 15 mai 2026.
La plainte, soumise par son avocat, Maître Khadim Kébé, allègue que certains organes de presse auraient relayé des données issues d’un rapport provisoire de la Cour des comptes, datant de 2025. Ce rapport mentionnait des anomalies dans l’administration du programme, et les médias auraient directement associé le ministre aux irrégularités signalées.
Mabouba Diagne estime que des publications auraient délibérément créé une confusion, en illustrant les articles avec son portrait ou en suggérant une implication personnelle dans les faits décrits.
La défense de Mabouba Diagne
Le ministre Mabouba Diagne soutient avec fermeté que ces allégations médiatiques ne reposent sur aucune preuve concrète établissant sa participation à des malversations. Il insiste sur le fait que les accords relatifs au matériel agricole subventionné avec la Banque agricole avaient été finalisés avant son entrée en fonction.
Il précise également que le rapport provisoire de la Cour des comptes ne fait aucune mention explicite de son nom comme étant responsable ou complice d’éventuelles irrégularités financières. Convaincu que son intégrité a été compromise, le ministre a initié des poursuites contre les auteurs des publications et toute personne impliquée, en s’appuyant sur les articles 255 et 258 du Code pénal sénégalais, qui traitent de la diffamation et de la diffusion de fausses nouvelles.
