Tchad : la mobilisation record de 20,5 milliards de dollars pour son plan de développement
En 2025, alors que les flux d’aides publiques au développement reculent et que les économies se fragilisent, le Tchad a réussi à lever 20,5 milliards de dollars auprès d’investisseurs privés et internationaux. Ce montant représente 46 % du Plan national de développement (PND), dont le coût total s’élève à 30 milliards. Une performance remarquable pour un pays classé à la 190e place sur 193 au dernier Indice de développement humain, souvent perçu comme peu attractif pour les capitaux étrangers.
Sur les 20,5 milliards sécurisés, 16,4 milliards proviennent directement d’investisseurs privés, tandis que 4,1 milliards supplémentaires sont couverts par 40 accords et protocoles d’accord. Cette réussite s’appuie sur une stratégie de diversification des partenariats financiers, rare dans la région de la CEMAC. Selon les dernières analyses économiques, le Tchad a su tirer parti des financements islamiques, souvent négligés en Afrique centrale, en renforçant ses liens avec les Émirats arabes unis et la Banque islamique de développement.
Parallèlement, le pays a maintenu ses partenariats traditionnels avec les institutions multilatérales comme le FMI et la Banque mondiale, tout en développant des collaborations Sud-Sud avec des acteurs du Moyen-Orient. Cette approche triangulaire, combinant financements occidentaux, islamiques et Sud-Sud, constitue une première en Afrique centrale et offre un modèle inédit de mobilisation de capitaux.
La crédibilité financière du Tchad a joué un rôle clé dans cette performance. Malgré l’afflux de plus d’1,5 million de réfugiés soudanais, le pays a réussi à limiter son déficit budgétaire à moins de 3 %, conformément aux exigences de la CEMAC. Avec une dette publique représentant seulement 32 % du PIB — l’une des plus basses de la zone — et des réformes ciblées sur l’élargissement de l’assiette fiscale et la digitalisation du recouvrement des impôts, N’Djamena a envoyé un signal fort aux investisseurs.
Pour les acteurs économiques cherchant à s’implanter en Afrique centrale, l’expérience tchadienne démontre qu’il est possible de mobiliser des capitaux privés massifs, même sans disposer d’un marché financier mature ou d’un revenu par habitant élevé. Le gouvernement tchadien compte désormais approfondir cette dynamique en attirant davantage de capitaux privés sous forme de fonds propres et en renforçant son cadre réglementaire. Cette levée de fonds historique marque le début d’une transformation économique que les observateurs suivent avec un intérêt croissant.
