Solidarité de l’UA envers le Mali malgré la suspension : un engagement à concrétiser

Une visite officielle à Bamako a permis au président de la Commission de l’Union africaine (UA) de réaffirmer le soutien indéfectible de l’organisation face aux défis sécuritaires persistants qui secouent le Mali. Mahmoud Ali Youssouf, en déplacement dans la capitale malienne, a rappelé que l’UA maintient une posture de coopération malgré la suspension du pays depuis le coup d’État de 2021, une décision motivée par la rupture de l’ordre constitutionnel.

Mali, Bamako, 2026 | Monument en hommage à l'armée malienne après les attaques rebelles (illustration)

une solidarité à transformer en actions concrètes

L’objectif affiché de cette visite était de renforcer le dialogue et la coopération entre l’UA et les autorités maliennes. Mahmoud Ali Youssouf a insisté sur la pleine solidarité de l’organisation panafricaine envers le Mali, confronté à une insécurité grandissante. Cependant, certains experts invitent l’UA à passer des paroles aux actes. Alioune Tine, fondateur de l’Africa Jom Center, souligne la nécessité d’une mobilisation plus active : « il faut que le président de la Commission de l’Union africaine cherche à manifester sa solidarité de façon beaucoup plus concrète, en sensibilisant les pays membres disposant des moyens nécessaires à apporter une aide, voire en mobilisant des contingents africains pour soutenir le Mali dans sa lutte contre le terrorisme. »*

Mali, Kidal, 2022 | Des combattants du mouvement de libération MNLA lors d'un congrès (Illustration)

les limites d’une organisation divisée

Malgré la suspension du Mali, l’UA continue de privilégier le dialogue et les solutions politiques pour résoudre la crise sécuritaire. Pourtant, la situation reste complexe : la remise en cause de l’Accord d’Alger de 2015 par Bamako et l’alliance entre les séparatistes du Nord et le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim) inquiètent les observateurs. L’UA considère cette coalition comme une menace majeure pour la stabilité régionale et refuse toute légitimité à ses revendications ou à ses offensives.

L’organisation réaffirme son attachement à l’unité territoriale du Mali tout en appelant au renforcement des efforts régionaux contre le terrorisme. Pourtant, Aly Tounkara, analyste au Centre des études sécuritaires et stratégiques au Sahel, pointe les limites structurelles de l’UA : « il sera difficile de s’attendre à un soutien militaire ou en renseignement de l’Union africaine, compte tenu des divergences entre ses États membres et de leur dépendance vis-à-vis des bailleurs extra-sahéliens. »*

Éthiopie, Addis-Abeba, 2026 | Mahmoud Ali Youssouf, président de l'AUC, prend la parole lors du sommet de l'UA

Entre soutien diplomatique, impératifs de cohésion territoriale et contraintes géopolitiques, l’UA tente de concilier ses positions. Reste à savoir si cette visite marquera un simple geste symbolique ou le début d’un engagement plus robuste aux côtés du Mali et des autres pays de l’Alliance des États du Sahel (AES).