La rupture entre le président de l’Assemblée nationale sénégalaise, Ousmane Sonko et le président de la République, Bassirou Diomaye Faye est désormais étalée sur la place publique. Lors d’un meeting dimanche 12 juillet à Touba, pour l’inauguration du siège de Pastef, le président de l’Assemblée nationale a menacé de faire tomber le gouvernement d’Ahmadou Al Aminou Lô « autant de fois que nécessaire ». Cette déclaration, relayée ce lundi 13 juillet par Radio France Internationale et plusieurs médias sénégalais, confirme un bras de fer ouvert entre l’ancien Premier ministre et le pouvoir dirigé par Bassirou Diomaye Faye.
Ousmane Sonko accuse le gouvernement de vouloir remettre en cause certains acquis dans la gestion du pétrole, du gaz et du phosphate, au profit, selon lui, d’intérêts étrangers. Il a averti que la majorité parlementaire du Pastef pourrait déposer une motion de censure si l’exécutif persistait dans cette orientation. Il a également annoncé une proposition de loi portée par Guy Marius Sagna afin de soumettre à l’Assemblée nationale les futurs contrats d’exploitation des ressources stratégiques.
Les ressources naturelles en point de rupture
Cette menace s’appuie sur le rapport de force à l’Assemblée nationale, où Pastef dispose d’une majorité confortable. Ousmane Sonko entend utiliser cette force pour imposer un contrôle parlementaire accru sur l’action gouvernementale et empêcher toute décision qu’il assimile à un « bradage » des intérêts nationaux. Ses propos marquent un durcissement par rapport au 3 juin, lorsqu’il affirmait ne pas vouloir censurer le gouvernement malgré ses divergences avec le chef de l’État.
La sortie de Touba approfondit la rupture politique entre les deux anciens alliés. Elle intervient quelques jours après l’invalidation, le 9 juillet, d’une réforme constitutionnelle soutenue par la majorité parlementaire et contestée par Bassirou Diomaye Faye. En brandissant la motion de censure, Ousmane Sonko transforme le Parlement en principal levier de pression contre l’exécutif. Cette escalade pourrait fragiliser l’action gouvernementale et installer le Sénégal dans une période d’affrontement institutionnel prolongé.
