Côte d’Ivoire : la CEDEAO et ONU Femmes lancent un ambitieux programme régional sur le genre et l’économie verte
Abidjan a été le théâtre d’une avancée majeure pour l’avenir des femmes et de l’environnement en Afrique de l’Ouest. Le Centre de la CEDEAO pour le développement du genre (CCDG), en partenariat avec ONU Femmes et plusieurs agences spécialisées de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest, a officiellement validé un programme régional intégré. Cet accord, fruit de deux jours d’intenses travaux les 15 et 16 mai 2026, marque une étape clé dans la lutte contre les inégalités de genre tout en accélérant la transition écologique.
Cette initiative, conçue pour renforcer la résilience climatique et soutenir l’économie verte, s’inscrit dans la droite ligne des priorités définies par les États membres de la CEDEAO. Son objectif ? Fournir un cadre stratégique solide pour concrétiser les engagements pris en matière de genre, changement climatique et développement durable.
Un programme conçu pour transformer les défis en opportunités
Les discussions menées à Abidjan ont permis de finaliser un document clé : le cadre opérationnel de ce programme régional. Ce texte servira de feuille de route pour sa mise en œuvre progressive, en alignant les efforts des pays membres sur des actions concrètes. Parmi les priorités identifiées :
- Renforcer l’autonomie des femmes dans les secteurs de l’économie verte, souvent dominés par les hommes ;
- Intégrer le genre dans les politiques climatiques, afin que les besoins spécifiques des femmes et des filles soient pris en compte ;
- Sécuriser des financements durables pour soutenir les projets locaux en faveur de l’environnement et de l’égalité ;
- Développer des formations adaptées pour les communautés, en particulier dans les zones rurales.
Selon les organisateurs, ce programme ne se limite pas à des déclarations d’intention : il vise à créer un véritable écosystème où transition écologique et égalité des genres se renforcent mutuellement.
Les acteurs clés défendent une approche inclusive et pragmatique
Lors de cette rencontre, plusieurs figures majeures ont partagé leur vision pour faire de ce projet une réalité. Sandra Oulaté Fattoh, directrice du CCDG, a mis en avant la dualité des enjeux climatiques pour les femmes et les jeunes filles en Afrique de l’Ouest : « Ces défis, bien que redoutables, ouvrent aussi des portes vers de nouvelles perspectives économiques. »
Adjaratou Fatou Ndiaye, représentante résidente d’ONU Femmes en Côte d’Ivoire, a salué le passage « de la parole aux actes ». Pour elle, ce programme est une réponse tangible aux crises climatiques et socio-économiques qui frappent la région. « Il est temps de passer des promesses aux résultats concrets. »
Le point de vue de Dr Kalilou Sylla, commissaire de la CEDEAO chargé des Affaires économiques et de l’Agriculture, a complété ce tableau. Il a insisté sur la nécessité d’une transition verte inclusive, où les femmes et les jeunes occupent une place centrale. « Sans leur participation active, aucune solution durable ne pourra être déployée. »
Prochaine étape : l’adoption officielle du programme
Le document final du programme sera soumis à validation lors d’un atelier prévu du 29 juin au 6 juillet 2026 à Lomé, au Togo. Cette session réunira les décideurs régionaux pour finaliser les modalités de financement et de suivi des projets. Une fois adopté, ce cadre servira de référence pour les États membres dans l’élaboration de leurs politiques nationales.
Ce projet s’ajoute à une série d’initiatives en cours pour faire de l’Afrique de l’Ouest un modèle de développement durable et équitable. Les observateurs s’attendent à ce qu’il inspire d’autres régions du continent à suivre cette voie.