Loi anti-LGBT au Burkina Faso : une régression historique pour les droits humains
Le 1er septembre, l’Assemblée législative de transition du Burkina Faso a adopté une loi criminalisant les relations homosexuelles consenties, marquant un virage répressif dans le pays. Cette décision, prise à l’unanimité par les 71 députés, punit les personnes reconnues coupables de cinq ans d’emprisonnement et d’amendes. Une mesure qui représente un recul flagrant pour les droits des personnes LGBT et une violation de leurs libertés fondamentales.
Une loi en contradiction avec les engagements internationaux
Cette nouvelle disposition, intégrée au Code des personnes et de la famille, interdit les « comportements de nature à promouvoir les pratiques homosexuelles ». Le gouvernement justifie cette mesure en invoquant les « valeurs culturelles » et les « aspirations profondes de la société burkinabè », selon les déclarations du ministre de la Justice, Edasso Rodrigue Bayala.
Pourtant, cette loi contrevient aux obligations du Burkina Faso en matière de droits humains. En effet, elle bafoue :
- La Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, qui garantit la non-discrimination et la protection de la vie privée.
- Le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, ratifié par le pays.
Cette criminalisation s’ajoute à un contexte politique et social déjà tendu. Depuis le coup d’État de 2022, la junte militaire au pouvoir réprime violemment l’opposition, les médias et les manifestations pacifiques. Une stratégie qui s’étend désormais aux minorités sexuelles, dans un climat de restriction croissante des libertés.
Un recul face à la tendance africaine
Jusqu’à présent, le Burkina Faso ne disposait pas de législation anti-LGBT, contrairement à d’autres pays du continent qui ont hérité de lois coloniales répressives. Pourtant, ces dernières années, plusieurs États africains ont fait marche arrière sur ces questions :
- Le Botswana a libéré des journalistes et militants détenus arbitrairement.
- La Maurice a jugé inconstitutionnelle sa loi sur la sodomie.
- La Namibie a dépénalisé les relations homosexuelles consensuelles.
Ces évolutions montrent une tendance mondiale vers la reconnaissance des droits LGBT, tandis que le Burkina Faso s’engage dans une voie opposée. Une décision d’autant plus surprenante qu’elle intervient dans un pays où, historiquement, aucune loi coloniale ne criminalisait l’homosexualité.
Les conséquences dévastatrices pour les personnes LGBT
Au-delà de la violation des droits fondamentaux, cette loi expose les personnes LGBT à un risque accru de violences et de discriminations. En 2014, la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP) avait appelé les États africains à mettre fin aux abus envers les minorités sexuelles. Pourtant, la junte burkinabè persiste dans cette voie répressive.
Des associations et défenseurs des droits humains exhortent le président Ibrahim Traoré à ne pas signer ce Code des personnes et de la famille. Ils demandent une révision urgente pour garantir le respect des droits de tous, sans distinction d’orientation sexuelle ou d’identité de genre.
Que faire face à cette situation ?
Si vous souhaitez agir pour soutenir les droits des personnes LGBT au Burkina Faso, plusieurs actions sont possibles :
- Soutenir les organisations locales de défense des droits humains.
- Partager des informations fiables pour sensibiliser l’opinion publique.
- Exercer une pression diplomatique internationale sur le gouvernement burkinabè.
