Le Maroc inaugure l’autoroute Donald J. Trump, un hommage diplomatique au soutien du Sahara occidental

Sahara occidental : le Maroc a remercié Trump pour son soutien de la façon la plus trumpiste qui soit.
Sahara occidental : le Maroc a remercié Trump pour son soutien de la façon la plus trumpiste qui soit.

Dans un geste symbolique et significatif, le royaume du Maroc a choisi d’honorer l’ancien président des États-Unis, Donald Trump, en baptisant une section majeure de son réseau routier à son nom. Sur décision royale de Mohammed VI, l’Autoroute Donald J. Trump relie désormais le sud du pays au territoire disputé du Sahara occidental, revendiqué par les indépendantistes sahraouis. Cette initiative, annoncée officiellement, constitue un remerciement direct pour le soutien américain à la position marocaine sur la question du Sahara.

La voie express Tiznit-Dakhla a ainsi été officiellement nommée « Autoroute Donald J. Trump ». Cette décision a été communiquée par le roi Mohammed VI lui-même, dans une missive adressée au président américain datée du 2 juillet. Le souverain y a exprimé sa gratitude pour la « reconnaissance historique de la souveraineté du Maroc en 2020 sur “son Sahara” (qui) restera à jamais gravée dans la mémoire des Marocains ».

Le contexte du soutien américain

« En hommage à ce témoignage d’amitié et de paix, j’ai pris la décision de baptiser l’une des infrastructures routières les plus importantes du royaume, du nom d’“Autoroute Donald J. Trump” », a déclaré le roi. Cet ouvrage, s’étendant sur 1 055 kilomètres, est présenté comme « la plus longue infrastructure routière de toute l’Afrique », soulignant l’ampleur de l’investissement et du geste diplomatique.

Il convient de rappeler qu’en décembre 2020, Donald Trump avait apporté un soutien décisif à un plan d’autonomie sous souveraineté marocaine pour le Sahara occidental. Cette reconnaissance était intervenue en contrepartie d’une normalisation des relations diplomatiques entre le Maroc et Israël, marquant un tournant géopolitique majeur.

Ancienne colonie espagnole jusqu’en 1975, ce vaste territoire désertique, riche en phosphates et doté de ressources maritimes abondantes, est majoritairement administré par le Maroc. Il demeure cependant inscrit sur la liste des territoires non autonomes des Nations unies. Un conflit de longue date oppose Rabat aux indépendantistes du Front Polisario, lesquels bénéficient du soutien de l’Algérie.

La réaction de Donald Trump

Dans un message adressé au roi Mohammed VI pour le 27e anniversaire de son accession au trône, rendu public, le président Trump a réaffirmé son appui inconditionnel au plan marocain pour le Sahara occidental. Pour les États-Unis, la proposition marocaine constitue « la seule base pour une solution juste et durable », toute autre approche étant jugée « inacceptable » et prolongeant le statu quo.

L’ancien président n’a pas manqué d’exprimer sa satisfaction sur sa plateforme Truth Social le 26 juillet, saluant cette initiative. « Merci à Son Altesse Royale Mohammed VI. (…) Quel immense honneur ! J’ai hâte de parcourir un jour cette grande autoroute dans toute sa longueur, j’espère que ce sera bientôt ! », avait-il écrit, bien que Rabat n’ait pas publiquement confirmé cette annonce à ce moment-là.

Une vidéo de quatre minutes a récemment mis en lumière des vues aériennes de l’axe Tiznit-Dakhla. Ce chantier colossal, initié par Mohammed VI en 2015, symbolise les investissements massifs du Maroc dans les infrastructures du Sahara occidental, reflétant la vision du royaume pour le développement de la région.

Le projet, bien que non encore totalement achevé, comprend une voie rapide entre Tiznit et Laâyoune, considérée comme le cœur du Sahara occidental, prolongée par une route nationale élargie jusqu’à Dakhla. Le coût total de cette infrastructure stratégique est estimé à près de 850 millions d’euros, soulignant l’importance économique et politique de cet axe routier.