Épidémie d’Ebola en RDC : plus de 2 000 décès confirmés

Épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo : un bilan humain dramatique

Soignants en discussion au Centre médical évangélique de Bunia pendant l'épidémie d'Ebola en juillet

La République démocratique du Congo (RDC) fait face à une crise sanitaire sans précédent avec plus de 2 011 décès enregistrés depuis le début de l’épidémie d’Ebola cette année. Selon les dernières données officielles, 4 381 cas confirmés ont été recensés, un chiffre qui place cette flambée parmi les plus graves jamais observées dans le pays.

La rapidité de l’évolution de l’épidémie est alarmante : alors que les premiers 1 000 décès ont été comptabilisés en neuf semaines, le cap des 2 000 morts a été atteint en seulement trois semaines supplémentaires. Cette accélération brutale illustre l’incapacité des équipes médicales à contenir efficacement la propagation du virus.

Plusieurs obstacles majeurs entravent la lutte contre cette épidémie. Les zones reculées du nord-est, particulièrement touchées, restent inaccessibles en raison des violences armées, des routes dégradées et des mouvements de grève des personnels soignants, qui protestent contre le non-paiement de leurs salaires depuis le début de la crise.

Le Dr Jean-Marie Akandabo, en première ligne dans la province d’Ituri, qualifie la situation d’« alarmante » et appelle à une intensification immédiate des interventions sanitaires dans les régions affectées.

Cette épidémie, la 17e en RDC, est particulièrement préoccupante car elle est causée par le virus Bundibugyo, pour lequel aucun vaccin ni traitement n’a encore été approuvé. Des essais cliniques sont actuellement en cours dans l’épicentre de l’épidémie, en Ituri, pour évaluer l’efficacité du vaccin Ervebo, actuellement utilisé contre la souche Zaïre d’Ebola.

Une souche rare et dévastatrice

Déclarée le 15 mai, cette flambée d’Ebola a en réalité débuté bien plus tôt, dès le mois de février, comme l’ont révélé les analyses génomiques. L’état d’urgence sanitaire a été prononcé par les autorités congolaises pour tenter de limiter la propagation du virus.

Le taux de létalité de cette épidémie atteint 45,9 %, un chiffre supérieur à celui de la flambée la plus meurtrière de l’histoire, celle d’Afrique de l’Ouest entre 2014 et 2016 (39,6 % de mortalité pour plus de 11 000 décès). Cette situation est d’autant plus critique que la transmission du virus Bundibugyo se poursuit en dehors des chaînes de contact surveillées, échappant ainsi au contrôle des équipes médicales.

Le virus Ebola, identifié pour la première fois en 1976 près de la rivière Ebola en RDC, se transmet par contact avec les fluides corporels et provoque une fièvre hémorragique souvent mortelle. Sa propagation dans des régions en conflit, où les infrastructures sanitaires sont précaires, rend la lutte contre l’épidémie particulièrement complexe.

Équipe médicale au travail au Centre médical évangélique de Bunia en juillet 2026

Face à l’urgence, les experts de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ont recommandé le lancement d’un essai clinique à grande échelle avec le vaccin Ervebo. Bien que ce dernier soit efficace contre la souche Zaïre d’Ebola, des données préliminaires suggèrent qu’il pourrait offrir une protection partielle contre le virus Bundibugyo, responsable de l’épidémie actuelle.

Actuellement, deux autres vaccins potentiels contre cette souche rare sont en phase initiale de tests chez l’humain, tandis qu’un troisième est en développement pour des essais cliniques futurs.

« Les responsables sanitaires courent après le virus, qui a une longueur d’avance », a déclaré le Dr Mohamed Yakub Janabi, directeur régional de l’OMS pour l’Afrique. La situation reste critique, avec une transmission qui échappe encore au contrôle des équipes médicales, notamment en raison des grèves des soignants et des difficultés d’accès aux zones affectées.