Côte d’Ivoire et Ghana unissent leurs forces pour un cacao durable

Côte d’Ivoire et Ghana unissent leurs forces pour un cacao durable

Les deux plus grands producteurs mondiaux de cacao ont réaffirmé leur engagement commun lors d’un sommet à Abidjan. Alassane Ouattara et John Dramani Mahama ont scellé des accords historiques pour renforcer la filière cacaoyère africaine.

Le Président ivoirien Alassane Ouattara et son homologue ghanéen John Dramani Mahama ont présidé ensemble un sommet dédié à l’avenir du cacao en Afrique de l’Ouest. Réunis au Palais présidentiel d’Abidjan-Plateau, les deux dirigeants ont acté des mesures concrètes pour consolider une filière plus juste, plus résiliente et plus pérenne. Leur objectif ? Protéger les producteurs locaux tout en renforçant l’influence de l’Afrique sur le marché mondial du cacao.

Parmi les décisions clés figuraient l’harmonisation des politiques de rémunération des planteurs, le développement de la transformation locale et l’élargissement de cette dynamique à d’autres nations africaines. Une volonté partagée de placer le producteur au cœur des enjeux, comme l’a souligné le Président Ouattara : « Le planteur est l’acteur essentiel de cette filière. Son travail alimente l’industrie mondiale du chocolat et garantit l’avenir de notre continent. »

Un partenariat né pour redonner du pouvoir aux producteurs

La Côte d’Ivoire et le Ghana, qui assurent à eux deux près de 60 % de la production mondiale de cacao, ont décidé dès 2018 de mutualiser leurs efforts pour influencer les cours du marché. Leur stratégie ? Mettre en place un différentiel de revenus décent pour améliorer les conditions de vie des planteurs. Une initiative qui a porté ses fruits en revalorisant significativement les revenus des cultivateurs et en démontrant la puissance d’une action coordonnée.

Lors de ce sommet, Alassane Ouattara a rappelé l’importance stratégique du cacao pour les économies des deux pays : « Cette filière représente bien plus qu’un simple secteur agricole. Elle incarne un enjeu social, économique et même de souveraineté pour nos nations. » Avec 80 % de la production mondiale concentrée en Afrique, le cacao est un pilier pour des millions de familles et un levier pour financer les politiques de développement.

Les défis à relever pour une filière durable

Malgré les progrès accomplis, des obstacles majeurs persistent. Le Président Ouattara a mis en lumière plusieurs enjeux : la fluctuation des prix, les conséquences du changement climatique, le vieillissement des vergers, les maladies affectant les plantations, ou encore la pression foncière liée à l’orpaillage illégal. Sans oublier les normes internationales, notamment européennes, qui imposent des exigences croissantes en matière de durabilité.

John Dramani Mahama, pour sa part, a salué la coopération ivoiro-ghanéenne et exprimé son optimisme quant à l’avenir. Il a insisté sur la nécessité d’implémenter des financements accrus dans la filière et de partager les meilleures pratiques entre les deux pays. Il a également plaidé pour une intégration progressive d’autres pays africains dans cette dynamique, afin de peser davantage sur le marché mondial.

Une vision commune pour l’avenir du cacao africain

Les deux Chefs d’État ont réaffirmé leur détermination à faire du cacao un levier de développement durable. Leur ambition ? Transformer la filière en un modèle d’économie circulaire, où chaque acteur – des petits producteurs aux industriels – tire profit d’une croissance équitable et responsable. Leur message est clair : l’Afrique doit reprendre le contrôle de sa production et en faire un symbole de prospérité partagée.

Ce sommet marque une étape décisive pour la filière cacaoyère africaine. En unissant leurs forces, la Côte d’Ivoire et le Ghana envoient un signal fort à la communauté internationale : l’Afrique est prête à jouer un rôle central dans la production d’un cacao équitable, durable et respectueux des droits des producteurs. Une ambition qui pourrait bien redéfinir les règles du jeu sur le marché mondial.