Absence du président Biya : qui assure la direction du Cameroun ?

Le Cameroun peut-il fonctionner sans Paul Biya ?

Depuis près de deux mois, une question obsède les Camerounais et les observateurs : Paul Biya, président du pays depuis plus de quatre décennies, est-il toujours aux commandes ? Son absence prolongée, officiellement qualifiée de séjour privé à Genève, soulève des interrogations sur la stabilité institutionnelle du Cameroun. À 93 ans, le chef de l’État reste le plus âgé dirigeant au monde, et son éloignement prolongé interroge sur l’avenir du pays.

Un séjour privé qui dure plus que prévu

Le 7 juin dernier, Paul Biya a quitté Yaoundé pour ce qui devait être un court séjour privé en Suisse. Pourtant, près de soixante jours plus tard, il n’a toujours pas regagné son palais présidentiel. Une situation inédite depuis 1982, date de son accession au pouvoir. Quarante-quatre ans de présidence, et jamais un départ aussi long n’avait été enregistré pour un motif personnel.

Dans les couloirs du pouvoir, les spéculations vont bon train. Certains y voient une simple escapade prolongée, d’autres s’inquiètent de son état de santé. La société civile et l’opposition, elles, ne cachent plus leur scepticisme. « Comment un pays peut-il être dirigé par un président absent depuis deux mois ? » s’interroge un éditorialiste local. Les actes officiels, pourtant, continuent de circuler, signés de sa main… ou presque.

Des décrets signés depuis Genève, mais qui dirige vraiment ?

Le 3 août, une série de décrets présidentiels a été publiée, officialisant notamment un important remaniement dans l’armée. Des nominations stratégiques qui posent une question cruciale : qui a réellement pris ces décisions depuis Genève ? Le protocole présidentiel reste en place, mais l’ombre d’un pouvoir vacant plane sur le Cameroun. Les observateurs s’interrogent sur l’identité des véritables décideurs en l’absence du président.

Entre silence officiel et rumeurs persistantes, une chose est sûre : l’absence prolongée de Paul Biya met en lumière les faiblesses structurelles d’un système politique où l’homme fort reste indispensable. Le Cameroun, habitué à une gouvernance centralisée, se retrouve aujourd’hui face à une équation complexe : comment assurer la continuité de l’État quand son pilier s’éloigne ?