Tchad : le commerce de ferraille « hadid kilo » et ses dangers pour les enfants

Dans les rues animées de N’Djamena, un phénomène inquiétant prend de l’ampleur : le commerce de ferraille « Hadid kilo ». Les pousse-pousse chargés de métaux sillonnent les quartiers, tandis que des voix crient ce nom évocateur. Derrière cette activité en apparence anodine se cache une réalité plus sombre, celle de l’exploitation des plus vulnérables.

Tchad : le commerce de ferraille « Hadid kilo » et ses dangers pour les enfants

Un commerce lucratif qui attire les mineurs

Le « Hadid kilo », littéralement « fer au kilo », séduit par sa simplicité apparente. Les commerçants, souvent des ambulants venus d’horizons voisins comme le Niger ou le Nigeria, proposent des prix attractifs pour racheter tout objet en métal. Sans statut légal ni autorisation, ils opèrent dans une zone grise qui favorise les dérives.

Cette activité, devenue un véritable gagne-pain pour certains, exerce une attraction inquiétante sur les enfants. Les mineurs, séduits par l’appât du gain rapide, n’hésitent plus à vendre des biens familiaux pour quelques centaines de francs CFA. Les exemples se multiplient dans la capitale : une bouteille de gaz cédée pour 600 FCFA, un vélo familial bradé à 250 FCFA, ou encore des pièces de moteur revendues pour 1 000 FCFA.

Le vol encouragé, l’avenir compromis

Les conséquences de ce phénomène dépassent la simple transaction commerciale. Les parents, désemparés, dénoncent une incitation directe au vol chez les jeunes. Sans surveillance, certains enfants basculent dans des comportements à risque, vendant des objets de valeur pour subvenir à des besoins immédiats. Cette spirale dangereuse met en péril leur éducation et leur développement.

Les témoignages recueillis dans plusieurs quartiers de N’Djamena révèlent une angoisse partagée. « Mon fils a vendu la batterie de la voiture familiale », confie un père du quartier Moursal. « Nous devons agir avant que cette pratique ne devienne une habitude. »

Des appels pressants à l’intervention des pouvoirs publics

Face à l’urgence de la situation, les habitants réclament des mesures fortes. Leur demande est claire : interdire formellement l’achat de ferraille auprès des mineurs, renforcer les contrôles sur les commerçants ambulants et instaurer des sanctions sévères contre les revendeurs peu scrupuleux. L’objectif ? Protéger la jeunesse tchadienne et lui offrir un avenir serein.

Les autorités sont désormais sous pression. La préservation de l’enfance et la lutte contre la délinquance juvénile passent, selon les citoyens, par une action immédiate et coordonnée. Sans quoi, le risque est grand de voir une génération entière basculer dans la précarité et l’illégalité.