Succès fou pour une appli française pendant la Coupe du monde

Depuis le coup d’envoi du Mondial, une application française s’impose comme le phénomène inattendu de cette Coupe du monde. Avec plus de trois millions d’utilisateurs, Mon Petit Prono (MPP) a séduit bien au-delà des frontières du football traditionnel.

Une application qui a conquis les Français

Les bars, les open spaces et les écrans de smartphone sont désormais envahis par les discussions autour de MPP. Derrière ce succès se cache une aventure entrepreneuriale née en 2011 sous le nom de Mon Petit Gazon, portée par trois passionnés de football : Martin Jaglin, Benjamin Fouquet et Grégory Rota.

Comment ça marche ?

L’application repose sur un système de ligues personnalisées. Un utilisateur crée une ligue pour ses amis, ses collègues ou sa famille, puis invite ses proches à participer. Chacun doit pronostiquer les résultats des matchs avant leur déroulement, ainsi que le vainqueur du tournoi et le meilleur buteur. Un classement en temps réel permet de suivre l’évolution des participants.

Qui sont les utilisateurs ?

D’après les retours d’expérience, les principaux adeptes de MPP en 2026 sont les étudiants en écoles de commerce, les salariés des grandes entreprises, les familles et les cercles d’amis. Une diversité qui reflète l’accessibilité de l’application.

Pourquoi un tel engouement ?

Plusieurs utilisateurs partagent leurs motivations. Marie, inscrite dans trois ligues différentes, évoque une tradition : « Je participe à chaque Coupe du monde depuis des années, d’abord sur une autre appli qui n’existe plus. » Elle souligne aussi l’aspect social : « Dans la ligue professionnelle, ça crée une ambiance, on parle football au lieu de travail. Parfois, je me surprends à vérifier les résultats plusieurs fois par jour. »

Matia, leader de sa ligue, met en avant un avantage clé : « On peut gagner sans rien connaître au foot. Bien sûr, plus on suit le sport, mieux on anticipe. » Camille apprécie quant à elle son interface intuitive : « Elle est si simple que même les non-initiés peuvent participer sans difficulté. »

Une application qui s’immisce dans le quotidien

Pour certains, MPP devient une obsession. Marie confie s’être réveillée à plusieurs reprises en pleine nuit pour consulter les scores : « Pendant la canicule, je me réveillais à 4h du matin, trop stressée pour attendre le réveil. Si je voyais que mon pronostic était faux, impossible de me rendormir. »

Les dérives à surveiller

Malgré son succès, l’application n’échappe pas aux écueils. Marie évoque des tensions dans les ligues professionnelles : « Les moins passionnés se font parfois taquiner, et ça peut stresser. Moi qui suis mauvaise perdante, c’est limite. » Une autre dérive concerne les mises en jeu personnelles. Même si MPP ne propose pas de Paris financiers, certains organisent leurs propres défis (barbecues, packs de bières…). « Avec de l’argent, ça change la donne », précise-t-elle.

L’histoire d’un pari réussi

Le projet Mon Petit Gazon naît en 2011 lorsque les trois fondateurs, lassés d’une plateforme existante, décident de la racheter… sans budget ni plan marketing. Leur idée : s’appuyer sur les notes de L’Équipe pour générer les scores, mais le média leur demande d’arrêter en 2013. Après une tentative d’expansion internationale en 2016 (Royaume-Uni et Espagne), ils lancent une levée de fonds en 2018, attirant des investisseurs comme Sébastien Bazin, Martin Solveig et Jean-Étienne Amaury.

En 2022, l’application est rachetée par LFP MEDIA pour un montant estimé entre 20 et 30 millions d’euros. Depuis le 11 juin 2026, MPP connaît une croissance explosive : +340 % de téléchargements en huit jours, la propulsant en tête des classements des stores.