Niger et Bénin : Niamey impose ses exigences pour rouvrir la frontière

Niger et Bénin : les conditions de Niamey pour la réouverture de la frontière

Le Niger a présenté ce samedi 20 juin plusieurs exigences incontournables pour envisager la réouverture de sa frontière avec le Bénin. Cette barrière, fermée depuis près de trois ans, ne pourra être levée qu’à condition que des accords bilatéraux renforcent la sécurité et la défense des deux pays. Parmi les priorités nigériennes : la signature d’un pacte de non-agression et d’un cadre commun de lutte contre les menaces transfrontalières.

Niger et Bénin : les conditions de Niamey pour la réouverture de la frontière

Le général Mohamed Toumba, ministre nigérien de l’Intérieur, a échangé ce samedi 20 juin à Cotonou avec les experts béninois chargés du dossier épineux de la frontière.

Deux principes fondamentaux ont été avancés pour enclencher le processus : « la formalisation d’un accord de défense mutuelle » ainsi qu’« un accord de sécurité strict interdisant catégoriquement l’utilisation des territoires respectifs à des fins hostiles ».

Le haut responsable a également insisté sur la nécessité d’une « collaboration transparente concernant les déploiements militaires étrangers à proximité de la ligne frontalière », tracée par le fleuve Niger. Ces déclarations, retransmises par Télé Sahel, surviennent après des années de tensions récurrentes, Niamey accusant régulièrement son voisin de faciliter la présence de bases opérationnelles françaises à la frontière, une allégation catégoriquement démentie par Cotonou et Paris.

La fermeture de cette frontière, effective depuis près de trois ans, coïncide avec l’avènement d’un régime militaire à Niamey en juillet 2023. Le nouveau pouvoir nigérien avait alors justifié cette décision par des soupçons de déstabilisation soutenue par des acteurs étrangers, en particulier la France.

Un rapprochement diplomatique en marche

Pourtant, les échanges récents entre les deux pays laissent entrevoir une volonté de détente. La visite officielle début juin du président béninois Romuald Wadagni au Niger a marqué un tournant dans les relations, longtemps empoisonnées par les violences jihadistes perpétrées par des factions affiliées à Al-Qaïda et à l’État islamique.

Le général Toumba, figure majeure de la junte nigérienne, a par ailleurs plaidé pour la « mise en place immédiate d’une unité conjointe de renseignement ». Cette structure aurait pour mission d’harmoniser les efforts des armées béninoise et nigérienne, confrontées à un ennemi commun dont les actions ignorent les frontières.