La scène politique sénégalaise vient de connaître un nouveau rebondissement avec la démission de Mor Tallah Gueye de son poste de Président du Conseil d’Administration (PCA) du Fonds de Développement des Collectivités Unies et Intercommunales du Cap-Vert (FDCUIC). Cette décision, motivée par une profonde fidélité à Ousmane Sonko, s’inscrit dans un mouvement plus large de cadres ayant choisi de rompre avec les institutions pour défendre une vision alternative.
« Je quitte mes fonctions avec la conviction que l’engagement ne se mesure pas à un titre, mais à la cohérence avec ses valeurs », déclare-t-il dans un communiqué. Dans son message, Mor Tallah Gueye rappelle avoir cru en un projet politique fondé sur la souveraineté populaire, un combat porté par le parti Pastef et incarné par Ousmane Sonko. Pourtant, malgré les espoirs suscités, les reniements se multiplient et le système qu’il combattait semble reprendre le dessus.
Un engagement au-delà des fonctions
Le départ de Mor Tallah Gueye n’est pas un cas isolé. Quelques jours plus tôt, un autre cadre de poids avait fait le même choix : le coordonnateur de la Jeunesse patriotique du Sénégal à Touba avait abandonné son poste de chargé de mission à la Présidence. Ces deux démissions, loin d’être anodines, révèlent une fracture croissante au sein même du Pastef entre ceux qui privilégient une alliance avec le pouvoir en place et ceux qui refusent tout compromis.
Ces départs, à contre-courant des ralliements massifs observés ces dernières semaines, soulignent l’attachement persistant à un idéal de changement. Mor Tallah Gueye insiste sur ce point : « Nous avons toujours défendu une lutte contre un système que nous jugeons injuste. Aujourd’hui, refuser de cautionner sa restauration, c’est rester fidèle à la promesse d’un Sénégal plus juste ».
Les valeurs avant les postes
Dans sa lettre de démission, le ancien PCA du FDCUIC rappelle que l’engagement politique ne se limite pas à une fonction, mais repose sur un socle de principes intangibles. Ousmane Sonko, figure centrale de ce mouvement, a vu son influence s’éloigner des leviers du pouvoir exécutif. Pourtant, ses partisans continuent de voir en lui le symbole d’une alternative crédible, bien au-delà des calculs politiques immédiats.
Cette démission s’ajoute à une série de signaux forts émis par des cadres du parti, tous unis par un même refus : celui de trahir les idéaux qui ont mobilisé des milliers de Sénégalais. Mor Tallah Gueye conclut son message en réaffirmant sa détermination : « Le combat pour un Sénégal souverain, juste et fidèle à ses promesses ne s’arrête pas ici ».
