Menace sahélienne : Cotonou et Alger posent les jalons d’un accord-cadre de défense

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Le rapprochement est désormais tangible. Au cabinet du ministère de la Défense nationale, les autorités béninoises et une délégation diplomatique et militaire algérienne de haut niveau ont acté les fondations d’un partenariat bilatéral de défense. Objectif affiché : muscler les capacités d’anticipation et de riposte des Forces armées béninoises (FAB) face à la pression continue des groupes armés terroristes dans le nord du pays.

La séquence s’inscrit dans une sous-région ouest-africaine en pleine recomposition géopolitique, où Cotonou cherche à sécuriser sa souveraineté sans s’enfermer dans un camp.

Pourquoi Alger plutôt qu’un autre partenaire

Le choix algérien repose sur trois arguments que Cotonou assume sans détour.

  • Une expertise antiterroriste éprouvée : l’armée algérienne dispose d’un savoir-faire reconnu à l’échelle internationale en matière de lutte contre les maquis insurgés, de contrôle des frontières terrestres et de surveillance en milieu semi-aride et sahélien.
  • La diversification des appuis : fidèle à sa ligne de pragmatisme stratégique, le Bénin multiplie les canaux de coopération militaire — formation, logistique, technologie de renseignement — sans dépendre exclusivement des partenaires occidentaux traditionnels ni d’un alignement strict.
  • L’enjeu de la formation : l’accès aux académies militaires et aux centres de formation tactique algériens constitue un levier majeur pour la montée en puissance des cadres et des unités d’élite des FAB.

Ce que prévoit le futur cadre de coopération

Au-delà de la courtoisie diplomatique, les échanges ont produit des orientations destinées à structurer durablement la relation entre les deux États.

Un accord-cadre de défense sur les rails

Les deux parties ont posé les jalons d’un instrument juridique instituant une coopération technique renforcée, la formation continue des cadres militaires béninois et un transfert d’expérience en gestion de crise comme en renseignement d’origine électromagnétique et tactique.

Un canal de communication permanent

Béninois et Algériens sont convenus d’établir un échange direct et régulier afin de coordonner l’évaluation des menaces transfrontalières qui déstabilisent l’espace sahélo-saharien et menacent le golfe de Guinée.

Deux intérêts qui se rejoignent

Alger confirme, par cette poignée de main, sa volonté de réinvestir le terrain diplomatique et sécuritaire en Afrique subsaharienne. Cotonou, de son côté, consolide sa posture de verrou stratégique protégeant la côte ouest-africaine.

Une réponse proactive à la crise sécuritaire régionale

En scellant ce rapprochement, le Bénin expose sa méthode : former ses hommes, diversifier ses appuis et s’adosser à l’expertise d’un acteur continental majeur, plutôt que de subir passivement la contagion sahélienne.

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