Luanda : Félix Tshisekedi alerte sur l’urgence d’une paix tangible en RDC

Luanda : Félix Tshisekedi alerte sur l’urgence d’une paix tangible en RDC

Félix Tshisekedi lors de son discours à Luanda

L’Alliance des civilisations des Nations Unies (UNAOC) et le gouvernement angolais ont co-organisé, les 16 et 17 juillet, une conférence internationale à Luanda. Cet événement, troisième du genre après Gernika et Sarajevo, a réuni des dirigeants et experts pour promouvoir la paix et le respect du droit international. Parmi les participants, le président congolais Félix Tshisekedi a partagé un plaidoyer percutant sur la situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC).

Le chef de l’État congolais a mis en lumière les souffrances endurées par la population congolaise, notamment les déplacements massifs, les violences envers les femmes, les crimes contre les enfants et l’exploitation illicite des ressources naturelles. Il a rappelé que la crise dans l’Est de la RDC dépasse le cadre national pour devenir un test pour l’Afrique et la communauté internationale.

Félix Tshisekedi a souligné que la paix en RDC ne peut se limiter à des déclarations d’intention. Selon lui, elle doit être vérifiable sur le terrain, avec des actions concrètes : protection des civils, restauration de l’autorité de l’État, retour volontaire et sécurisé des déplacés, et lutte contre l’impunité. Il a également appelé à un engagement sans faille pour appliquer le droit international de manière équitable, sans sélectivité.

« La paix ne peut pas être une promesse suspendue. Elle doit se traduire par des actes tangibles : renforcer l’autorité de l’État, garantir la sécurité des populations, permettre le retour digne des déplacés et des réfugiés, et ouvrir la voie à la justice et à la réconciliation. L’appel de Luanda ne doit pas rester lettre morte. Il doit être un engagement fort pour défendre le droit international, prévenir les conflits avant qu’ils ne dégénèrent en tragédies, et protéger les populations civiles sans compromis », a-t-il déclaré.

Le président Tshisekedi a également plaidé pour une approche centrée sur l’humain, où les dirigeants privilégient la responsabilité collective plutôt que l’indifférence. Il a insisté sur la nécessité de restaurer la force du droit international, notamment à travers la Charte des Nations Unies, dont les principes restent d’une actualité cruciale. À l’occasion des 80 ans de son entrée en vigueur, il a rappelé que sa mission est de préserver les générations futures du fléau de la guerre.

« Si nous voulons vraiment mettre fin aux guerres, nous devons commencer par appliquer le droit international avec constance et fermeté. Si nous voulons protéger les générations futures, nous devons agir maintenant, avec courage. C’est ainsi que nous ferons reculer la loi du plus fort et construirons un ordre international plus juste et plus pacifique », a-t-il conclu.

Cette intervention survient dans un contexte où les négociations entre Kinshasa et l’AFC/M23, bien que soutenues par l’Union africaine, peinent à aboutir. Les engagements pris, notamment dans le cadre des accords de Washington et du processus de Doha, restent largement inappliqués, laissant la population civile en proie à l’insécurité et aux violations des droits humains.

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