Libreville : eugène mba face au racket des agents au marché de mont-bouët
Le marché de Mont-Bouët, pouls économique de Libreville, bat au rythme des étals colorés et des discussions animées. Pourtant, derrière cette apparente vitalité se cache une réalité bien moins reluisante : un système d’extorsion organisé qui pèse sur les épaules des commerçants. Depuis quelques semaines, la pression monte sur Eugène Mba, maire de la capitale gabonaise, pour mettre fin à ce fléau qui mine l’activité des petits entrepreneurs.
Les victimes de ce racket ne se taisent plus. Portées par le Syndicat des débrouillards du Gabon (SDG) et l’ONG Solidarité pour le développement du Gabon, des centaines de commerçants ont choisi de briser le silence. Leurs témoignages révèlent un mécanisme bien rodé, où des agents municipaux et des forces de l’ordre prélèvent des sommes exorbitantes, bien au-delà des taxes légales.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : certains agents réclament jusqu’à 2 000 FCFA par étal, alors que le tarif officiel s’élève à seulement 500 FCFA. Pire encore, les reçus sont rarement remis, effaçant toute trace de ces prélèvements illégaux. Une fraude systémique qui asphyxie les budgets déjà fragilisés des commerçants.
Un système ancré dans le temps
Ce phénomène n’est pas une nouveauté. Il s’inscrit dans une longue lignée de pratiques douteuses, protégées par des réseaux d’influence et une opacité persistante des paiements. Malgré les changements de mandatures, le racket a toujours trouvé le moyen de se perpétuer, aggravant la précarité des acteurs de l’économie informelle, déjà touchés par la baisse du pouvoir d’achat.
À Libreville, la mairie d’Eugène Mba hérite d’un dossier épineux. L’absence criante de contrôles efficaces à l’Hôtel de Ville rend la tâche d’autant plus complexe pour venir à bout de ce système.
La digitalisation, une solution tangible ?
Face à ce qui ressemble à une mission impossible, des solutions concrètes émergent. Pour les experts en économie, la clé réside dans la transparence et la numérisation des transactions. En supprimant les échanges d’argent liquide au profit de paiements directs et traçables vers les caisses municipales, il serait possible de réduire les opportunités pour les agents véreux.
Pour Eugène Mba, l’enjeu dépasse le cadre de la simple gestion urbaine. Il s’agit de rétablir un climat de confiance entre l’administration et les opérateurs économiques locaux, essentiels à la dynamique économique de la capitale.
