Le Mali a donné le coup d’envoi officiel de la Semaine Nationale de Lutte contre la Corruption, édition 2025, le 9 décembre à Bamako. Lancée par le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Mamoudou Kassogué, cette initiative annuelle vise à sensibiliser le public aux efforts déployés pour combattre ce fléau. Le thème central de cette édition, reconduit de l’année précédente, est : « S’unir avec la jeunesse contre la corruption : former l’intégrité de demain ».
Lors de son allocution, le ministre Kassogué a vivement insisté sur l’impératif d’une mobilisation générale face aux répercussions dévastatrices de la corruption. Il a rappelé les propos de l’ancien Secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, qui décrivait la corruption comme un « mal insidieux » capable de miner la démocratie, l’état de droit et d’ouvrir la voie à la criminalité organisée et au terrorisme.
🎯 La lutte anti-corruption, un axe majeur de la Transition au Mali
La commémoration de cette Journée internationale, instaurée par l’ONU le 9 décembre, témoigne de la détermination inébranlable des plus Hautes Autorités de la Transition, notamment le Général d’armée Assimi Goïta. Leur objectif est de mener une lutte anti-corruption « implacable et irréversible ». Cette démarche s’inscrit pleinement dans le processus de refondation de l’État malien, appelant à une évolution profonde des pratiques de gestion publique et à l’émergence de citoyens ancrés dans les valeurs d’intégrité et de patriotisme.
La jeunesse malienne, moteur du changement
Le thème choisi pour cette semaine met en exergue la responsabilité générationnelle de la jeunesse malienne. Celle-ci est appelée à être le moteur pour surmonter les obstacles et piloter la transformation souhaitée. Le ministre Kassogué a salué avec satisfaction la « mobilisation remarquable » des organisations de jeunesse autour de cette cause nationale.
🛡️ Rigueur judiciaire et dissuasion : les instruments clés
Le Ministère de la Justice réaffirme son engagement résolu à mettre en place des réformes judiciaires ciblées pour renforcer l’efficacité de la lutte contre la délinquance économique et financière au Mali :
Le Pôle National Économique et Financier (PNEF) : Son rôle est de poursuivre les auteurs de délits financiers en s’appuyant sur des méthodes et des outils modernes.
L’Agence de Recouvrement et de Gestion des Avoirs Saisis ou Confisqués (ARGASC) : Cette agence se concentre sur le recouvrement des sommes et des biens considérables qui ont été frauduleusement soustraits au patrimoine de l’État.
Un levier dissuasif puissant : « L’action combinée du PNEF et de l’ARGASC permettra de renforcer l’effet dissuasif de la corruption et de la délinquance économique et financière, garantissant que le produit du crime ne puisse plus bénéficier à son auteur. »
Les avancées du nouveau Code Pénal
Le nouveau Code Pénal introduit des dispositions novatrices qui consolideront l’action judiciaire :
L’imprescriptibilité des infractions de nature criminelle relatives à la délinquance économique et financière touchant aux biens publics.
La suppression des privilèges et immunités dont bénéficiaient les parlementaires.
Une protection accrue pour les dénonciateurs, les témoins, les experts et les victimes.
Des outils modernes au service de la justice
D’autres instruments sont en cours de déploiement pour optimiser la lutte anti-corruption :
La ligne verte gratuite « Binkani Kunafoni » (3611), un service mis à la disposition des citoyens pour signaler les actes de corruption.
L’opérationnalisation imminente de la plateforme informatique de la justice, suite à une phase de test concluante, visant la dématérialisation des dossiers judiciaires et le renforcement de la lutte contre les pratiques corruptives.
🤝 Une coordination inter-institutionnelle essentielle
Le ministre a souligné l’importance cruciale d’une collaboration et d’une synergie accrues entre les différentes entités étatiques aux missions complémentaires, parmi lesquelles :
L’Office central de Lutte contre l’Enrichissement illicite (OCLEI).
Le Bureau du Vérificateur général (BVG).
La Cour des comptes (issue de l’ancienne Section des comptes de la Cour suprême, suite à l’adoption de la Constitution de 2023).
Il a réaffirmé l’engagement à concrétiser « dans les meilleurs délais » le projet d’établissement d’un cadre de concertation et de coordination regroupant toutes ces structures.
