Tensions franco-américaines au cœur du Conseil de sécurité de l’ONU
Un incident diplomatique marquant s’est produit hier au siège new-yorkais de l’ONU. La délégation américaine a quitté la salle du Conseil de sécurité en pleine réunion, en signe de protestation contre les déclarations de l’ambassadeur français. Celui-ci avait dénoncé, en termes cinglants, la politique américaine en matière de droits humains, comparant Washington à des régimes comme la Corée du Nord ou la Russie. “Les États-Unis, autrefois référence mondiale en la matière, se retrouvent désormais isolés aux côtés de régimes autoritaires”, avait-il lancé sur le réseau social X. Cette sortie spectaculaire d’un pays membre illustre l’ampleur des divergences actuelles au sein de l’organisation internationale.
La France a justifié sa position en rappelant que les États-Unis avaient voté contre le renouvellement du mandat du haut-commissaire aux droits de l’homme, Volker Türk, lors de l’Assemblée générale de vendredi. Une décision qualifiée de “hypocrite” par plusieurs diplomates présents.
Roumanie : expulsion d’un diplomate russe après des incursions de drones
Le gouvernement roumain a décidé d’expulser un membre de l’ambassade de Russie après plusieurs incursions de drones sur son territoire. Bucarest a informé l’ambassadeur russe, Vladimir Lipaev, de cette mesure, le sommant de quitter le pays sous cinq jours. La décision fait suite à la présentation de fragments d’un drone de type Shahed, utilisé par l’armée russe en Ukraine et intercepté par un chasseur F-16 roumain. La Roumanie affirme avoir neutralisé trois drones en trois jours en fin de semaine dernière, et une nouvelle incursion a été signalée hier.
Moscou a réagi avec fermeté, dénonçant une “provocation infondée” et une “mise en scène propagandiste”. Le ministère russe des Affaires étrangères a prévenu que cette expulsion “n’aurait pas de conséquences” et que des mesures de rétorsion seraient prises.
Arabie saoudite ciblée par des drones depuis l’Irak
Le ministère saoudien de la Défense a accusé hier des “milices terroristes soutenues par l’Iran” d’avoir lancé une attaque de drones contre son territoire. L’Arabie saoudite n’a pas confirmé les revendications des rebelles houthistes yéménites, qui ont annoncé avoir visé des infrastructures pétrolières saoudiennes. Ces tensions surviennent alors que Riyad et les houthistes ont mis fin à une trêve de quatre ans le 13 juillet dernier.
Les observateurs craignent une escalade du conflit, d’autant que les houthistes ont menacé de bloquer le trafic maritime en mer Rouge et dans le golfe d’Aden pour les navires à destination ou en provenance d’Arabie saoudite. “Cette stratégie vise à faire pression sur Riyad et ses alliés pour obtenir des concessions politiques, tout en soutenant l’Iran”, explique un analyste en politique internationale.
Tchad : retrait de la Cour pénale internationale
Le gouvernement tchadien a annoncé hier son retrait de la Cour pénale internationale, invoquant un “biais anti-africain” de l’institution. Sur les 13 enquêtes ouvertes depuis sa création, neuf concernent des pays africains, contre seulement quatre pour le reste du monde, selon N’Djamena.
Cette décision intervient dans un contexte de pression américaine. Washington, qui critique régulièrement la CPI, aurait incité le Tchad à quitter l’organisation. “Les États-Unis ont lancé une offensive diplomatique sans précédent contre la CPI, qu’ils accusent de menacer leurs intérêts”, rapportent des observateurs. La Cour, déjà fragilisée par le retrait de plusieurs pays africains, pourrait voir son influence encore réduite.
