Condamnation d’un journaliste au Mali : six mois ferme pour critique de la junte
Le directeur de publication du bihebdomadaire 22 Septembre, Chahana Takiou, a écopé ce lundi d’une peine d’un an de prison, dont six mois fermes, prononcée par le Pôle national de lutte contre la cybercriminalité. Cette décision intervient après des propos tenus lors du Forum panafricain des médias à Bamako, où il avait vivement critiqué les autorités de transition.
Arrêté début juin, Chahana Takiou était poursuivi pour avoir dénoncé l’usage de la loi sur la cybercriminalité à l’encontre des journalistes. Il avait notamment affirmé que « le journalisme est le même sous tous les cieux », une déclaration saluée par une partie de l’assistance. Le journaliste estimait que les délits de presse devraient relever de la législation spécifique à la presse, et non de textes répressifs.
Un verdict qui alimente les craintes sur la liberté de la presse
L’un de ses avocats a exprimé son désaccord face à une sanction plus sévère que prévue, soulignant le climat de restriction croissant depuis l’arrivée au pouvoir de la junte en 2020. Les autorités de transition, dirigées par le général Assimi Goïta, sont régulièrement pointées du doigt par les défenseurs des droits humains et de la liberté d’expression pour leurs méthodes jugées liberticides, incluant des poursuites judiciaires et des arrestations arbitraires.
Cette affaire s’ajoute à un contexte déjà tendu pour la presse malienne, classée à la 121ᵉ position sur 180 dans le Classement mondial de la liberté de la presse 2026 de Reporters sans frontières (RSF). Le Mali fait face, depuis plus de dix ans, à une crise sécuritaire persistante, marquée par des attaques jihadistes, des violences intercommunautaires et une instabilité politique chronique.
Les observateurs redoutent que cette condamnation ne renforce la censure et n’entrave davantage le travail des journalistes, déjà fortement contraint dans un pays en proie à de multiples défis.
