Trois années budgétaires envisagées d’un seul tenant. Le Premier ministre Joseph Dion Ngute a dirigé, le vendredi 26 juin 2026, une séance décisive du Conseil de Cabinet dédiée aux budgets 2027, 2028 et 2029. Avec une croissance projetée à 3,5 % pour 2026 et un objectif de dette publique inférieure à 50 % du PIB, les arbitrages pris ce jour-là engagent le Cameroun sur le long terme.
Une vision macroéconomique ambitieuse
Le ministre délégué auprès du ministre des Finances a exposé les grandes lignes de l’environnement économique. Malgré un contexte international marqué par les conséquences du conflit au Moyen-Orient de 2026, qui devrait peser sur la croissance mondiale (3,4 % en 2025, 3,1 % en 2026 et 3,2 % en 2027), le Cameroun affiche une stabilité remarquable. Le pays table sur une croissance de 3,5 % en 2026 et 3,7 % en 2027, tandis que l’inflation continue de reculer.
Cette rigueur budgétaire s’inscrit dans un contexte de négociations en cours avec le Fonds monétaire international (FMI). L’objectif affiché ? Maintenir le ratio dette/PIB sous la barre des 50 %. Pour y parvenir, les efforts se concentreront sur l’augmentation des recettes non pétrolières et une gestion plus rigoureuse des dépenses publiques.
Des investissements stratégiques pour l’avenir
Le ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire a détaillé les priorités sectorielles du Programme d’investissement 2027-2029. Parmi elles, le renforcement des infrastructures numériques et énergétiques figure en tête de liste. Routes, voies ferrées, barrages hydrauliques, électrification et développement agricole complètent cette feuille de route ambitieuse. L’amélioration de l’accès à l’électricité et le déploiement accéléré des technologies digitales sont présentés comme des leviers essentiels pour stimuler la compétitivité du pays.
Impacts concrets pour les citoyens
Côté social, l’extension de la couverture santé aux populations vulnérables et l’accélération du Fonds pour l’autonomisation des femmes et l’emploi des jeunes sont mises en avant. Ces mesures, souvent évoquées dans les discours officiels, traduisent une volonté d’inclusion économique et sociale. Le Conseil a par ailleurs adopté un Document de programmation économique et budgétaire 2027-2029, qui sera soumis au Parlement dans le cadre du Débat d’orientation budgétaire. Ce cadre contraignant guidera l’action des ministères pour les années à venir.
Le Premier ministre a demandé une finalisation rapide de ce document, en coordination étroite avec le ministre de l’Économie. La généralisation des contrats de performance pour les projets publics vise à renforcer l’efficacité et la transparence des dépenses.
