Benjamin Ngongang dénonce l’absentéisme prolongé du président camerounais

Benjamin Ngongang dénonce l’absence prolongée du président camerounais à l’étranger

L’analyste camerounais des questions de gouvernance, Benjamin Ngongang, a vivement critiqué les séjours à l’étranger du président Paul Biya lors d’une émission télévisée.

Armand Djaleu
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Un record d’absence qui alarme l’analyste

Le séjour prolongé du président camerounais en Europe a dominé les débats de l’émission Canal Presse. Benjamin Ngongang, invité de l’émission diffusée depuis Douala, a pointé du doigt l’absentéisme chronique du chef de l’État, qui gère le pays à distance sans effectuer de déplacements sur le terrain.

« Le président de la République n’est pas élu pour gouverner à l’étranger. Il est normal que l’opposition, et ce n’est même pas que l’opposition, ce sont les députés de la majorité en premier qui devraient s’inquiéter : 49 jours hors du Cameroun, c’est un record qui dépasse déjà les précédents. »

Benjamin Ngongang a souligné l’anormalité de cette situation : « Il n’existe aucun pays au monde où un dirigeant reste aussi longtemps à l’extérieur, que ce soit pour des raisons personnelles ou professionnelles. Le Cameroun bat ici un record mondial. »

Il a comparé cette situation à d’autres dirigeants confrontés à des crises majeures, rappelant que même dans des contextes géopolitiques tendus, les chefs d’État reviennent rapidement pour superviser les négociations.

« Des dirigeants comme le président des États-Unis ou celui de l’Assemblée iranienne, en pleine guerre, ne restent pas 49 jours hors de leur pays. Ils interviennent ponctuellement pour des rencontres clés, puis regagnent leur territoire pour gérer les dossiers stratégiques. »

L’analyste a conclu en rappelant que la gestion à distance d’un pays comme le Cameroun, confronté à des défis internes, pose question sur l’efficacité et la légitimité d’un tel mode de gouvernance.