Des révélations récentes relancent les interrogations sur l’avenir politique au Cameroun. Deux anciens hauts responsables sécuritaires, Maxime Eko Eko, ex-directeur général de la DGRE, et le capitaine Effoudou, ancien chef du renseignement à l’état-major particulier, ont fait des déclarations troublantes.
Selon leurs propos rapportés, un complot visant à renverser le président Paul Biya aurait été ourdi en 2023. Lors d’une récente comparution au tribunal dans le cadre de l’affaire Martinez Zogo, Maxime Eko Eko aurait affirmé avoir été arrêté après avoir remis au chef de l’État un rapport faisant état de cette tentative de déstabilisation.
Trois ans après la mort de Martinez Zogo et les événements évoqués, ces informations sont désormais exposées au grand jour.
Cette situation coïncide avec une série de mouvements au sein de l’armée et des services de renseignement, notamment des nominations de généraux et des changements dans la justice militaire, ce qui alimente les spéculations.
Maxime Eko Eko : victime ou lanceur d’alerte ?
Maxime Eko Eko, qui dirigeait la DGRE, a été arrêté peu après avoir remis son rapport. Bien qu’une source proche de la sécurité ait alors laissé entendre qu’il serait libéré rapidement, il est toujours détenu trois ans plus tard.
Certains observateurs y voient une stratégie visant à laisser filtrer, au fil des procédures judiciaires, des éléments sensibles liés à l’affaire Martinez Zogo et à la prétendue tentative de coup d’État. Une interprétation politique qui reste à confirmer.
Le capitaine Effoudou accuse le SGPR
Le capitaine Effoudou, dans une interview, a directement mis en cause le secrétaire général de la présidence de la République (SGPR) dans cette affaire. Une accusation grave qui soulève des questions : si le SGPR était impliqué, pourquoi le président Paul Biya lui aurait-il ensuite confié des missions aussi cruciales ?
Le SGPR a notamment piloté les consultations pour la préparation de l’élection présidentielle et aurait joué un rôle clé dans la gestion de la crise postélectorale. Plus récemment, son nom est associé à l’éventuelle création d’un poste de vice-président.
Coupable ou victime ?
Cette situation peut expliquer l’étonnement d’une partie de l’opinion face à la confiance que le chef de l’État semble lui accorder.
Les mouvements récents au sein de l’appareil sécuritaire et militaire alimentent les spéculations sur une reconfiguration du pouvoir autour de Paul Biya. Certains évoquent les prémices d’une transition institutionnelle qui pourrait conduire à la création d’un poste de vice-président chargé d’assurer l’intérim en cas de vacance du pouvoir, et éventuellement d’achever le mandat présidentiel.
Aucune confirmation officielle
Pour l’instant, aucune de ces hypothèses n’est confirmée. Une certitude demeure : Paul Biya reste le maître du jeu politique camerounais, et les prochaines évolutions au sommet de l’État pourraient éclairer le sens de ces mouvements.
Par ailleurs, des photos de Franck Biya, se présentant comme un père de famille attentionné, circulent sur les réseaux sociaux.
