Au Niger, les domol leydi, une réponse controversée à l’insécurité sahélienne

Des Nigériens lors d'un rassemblement pour le recrutement de volontaires civils à Niamey, en août 2023.

Le terme Domol Leydi, qui signifie littéralement « Gardiens de la terre » en fulfuldé, désigne désormais une nouvelle structure d’autodéfense civile au Niger. Instaurée par ordonnance lors du Conseil des ministres du 27 mars, cette force de supplétifs civils a pour objectif de renforcer la lutte contre les groupes armés djihadistes qui menacent le pays depuis 2017.

Ces volontaires, « recrutés parmi d’anciens militaires locaux ou des habitants des zones concernées », seront intégrés aux dispositifs de sécurité nationaux sous la supervision directe de l’armée nigérienne. Selon un communiqué gouvernemental relayé par Actu Niger, leurs missions incluront « la collecte de renseignements, la sensibilisation des populations et la protection des communautés rurales ».

Le quotidien L’Enquêteur titrait le 30 mars : « Armer le peuple pour sauver la Patrie : le défi des Domol Leydi », saluant une initiative présentée comme un « tournant stratégique dans cette guerre asymétrique ».

une stratégie controversée mais jugée indispensable

Cette mesure suscite des débats au sein de la société nigérienne. Si certains y voient une réponse pragmatique face à l’insécurité croissante, d’autres s’interrogent sur les risques liés à l’armement de civils. Pourtant, comme le souligne la presse locale, « qui mieux qu’un habitant du terroir connaît les sentiers cachés, les points d’eau stratégiques ou les mouvements suspects ? »

L’initiative s’inscrit dans un contexte où les défis sécuritaires au Sahel deviennent de plus en plus complexes. Le Niger, comme ses voisins du Mali et du Burkina Faso, fait face à une montée des violences attribuées à des groupes affiliés à des organisations terroristes.