Argentine : une remontée historique propulse l’albiceleste en finale du mondial

Mondial 2026 : l’Argentine élimine l’Angleterre au terme d’un match haletant et affronte l’Espagne en finale

Célébration collective des joueurs argentins après un but marqué.
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Agence France-Presse

Dans un duel électrique au Stade d’Atlanta, l’Argentine a réussi l’exploit de s’imposer 2-1 face à l’Angleterre en fin de rencontre, mercredi, et de s’offrir une place en finale du Mondial 2026. Les champions du monde en titre ont dû batailler jusqu’aux ultimes secondes pour renverser la tendance et sceller leur qualification face à des Three Lions combatifs.

C’est à la 85e minute qu’un premier éclair de génie a illuminé les espoirs argentins : Enzo Fernandez a égalisé d’une frappe puissante depuis l’extérieur de la surface, plongeant l’assistance dans un silence stupéfait. Puis, dans les arrêts de jeu, Lautaro Martinez a jailli pour donner l’avantage décisif d’une tête puissante, déclenchant une vague de liesse chez les supporters de l’Albiceleste.

Dans les colonnes de l’histoire du Mondial, cette victoire restera gravée comme un symbole de résilience. Nous avons ressenti des émotions intenses, je pense que l’équipe les a vécues aussi. Ce n’était pas une victoire comme les autres, c’était celle que le peuple argentin attendait, et que nous méritions, a confié Lionel Messi, capitaine emblématique de la sélection, en évoquant la rivalité historique entre les deux nations.

Le sélectionneur argentin, Lionel Scaloni, n’a pas caché son admiration pour le mental de fer de ses hommes : Ce groupe ne cesse de me surprendre par leur état d’esprit et leur détermination. Ce qu’ils ont montré aujourd’hui est exceptionnel, a-t-il souligné, saluant également l’engouement sans faille des supporters qui ont porté l’équipe vers la victoire.

Pour l’Angleterre, la désillusion est amère. Malgré une domination globale dans les premières minutes, les Three Lions ont vu leurs espoirs s’effriter face à un adversaire déterminé. Aujourd’hui, nous sommes allés chercher cette victoire quand tout semblait compromis. Nous avons cru jusqu’au bout, a expliqué Messi, auteur de deux passes décisives, avant d’ajouter : Nous les avons acculés dans leur camp, et c’est une immense satisfaction.

De son côté, Harry Kane, capitaine des Three Lions, a avoué sa déception : Je suis profondément déçu pour les joueurs, pour tout le monde, l’équipe, le staff, les supporters. Malgré une prestation globalement solide, l’Angleterre n’a pu éviter l’élimination, six décennies après son dernier sacre en 1966.

Nous avons bien joué la majeure partie du match. Quand nous menions 1-0, nous avons eu l’impression de vouloir préserver le résultat, mais à ce niveau, ce n’est pas suffisant, a-t-il analysé, reconnaissant la supériorité des champions du monde en titre dans les moments décisifs.

Des buts décisifs signés Messi et Martinez

Le scénario du match a basculé grâce à l’intervention de Lionel Messi, véritable maestro des dernières minutes. Dans les 15, 20 ou 25 dernières minutes, quand il en avait la possibilité, Messi a pris les rênes du jeu. Il a évolué comme s’il était dans son terrain de jeu, a détaillé Scaloni, impressionné par la maestria de son capitaine.

Lionel Messi, sourire aux lèvres, devant un adversaire marqué par la défaite.

Côté anglais, Anthony Gordon avait ouvert le score à la 55e minute, profitant d’une passe décisive de Morgan Rogers pour tromper l’US d’Émiliano Martinez. Cependant, la réaction argentine a été immédiate, portée par l’énergie contagieuse de Messi, dont les deux passes décisives ont redéfini le cours du match.

Lautaro Martinez, auteur du but victorieux, a livré une déclaration émouvante après le coup de sifflet final : Depuis que mon père m’a offert mes premiers crampons, je rêve d’inscrire ce genre de but. Cette équipe continue de prouver qu’elle est exceptionnelle, a-t-il confié, les larmes aux yeux, avant d’ajouter : Ce groupe est incroyable.

Les Malouines, un symbole qui dépasse le cadre sportif

En marge du match, un geste symbolique a marqué les esprits : après la victoire, plusieurs joueurs argentins ont déployé une banderole proclamant les Malouines sont argentines, rappelant le contentieux territorial opposant les deux pays depuis des décennies. Ce message, déposé ensuite sur la pelouse par Giovanni Lo Celso, s’inscrit dans une tradition patriotique forte au sein de l’équipe nationale.

Le président argentin Javier Milei, bien que reconnaissant la dimension historique de la victoire, a tenu à rappeler l’importance de séparer les enjeux sportifs des questions diplomatiques : Il ne faut pas mélanger le football et le dossier des Malouines. Ces îles se récupèrent par la diplomatie, pas par des gestes de patriotisme ostentatoire, a-t-il déclaré sur Radio Mitre. Nous réalisons des progrès considérables sur le plan diplomatique, notamment en obtenant que l’ONU contraigne l’Angleterre à engager des discussions avec nous, mais il faut rester lucide : ce n’était qu’un match de football, a-t-il ajouté, tout en saluant une étape glorieuse pour l’Albiceleste.

Des joueurs argentins brandissent une banderole 'les Malouines sont argentines' après le match.

Les îles Malouines, archipel de l’Atlantique Sud, sont revendiquées par l’Argentine depuis 1833. Le conflit armé de 1982, marqué par l’intervention militaire argentine, a fait 649 morts côté argentin et 258 côté britannique. Cette rivalité trouve un écho particulier dans l’histoire du football, notamment lors du Mondial 1986 en Mexique, où Maradona avait inscrit un doublé légendaire contre l’Angleterre, dont la fameuse main de Dieu, qu’il avait qualifiée de revanche symbolique.

L’hymne des supporters argentins au Mondial 2026, La Cuarta Estrella, rend également hommage à cet archipel contesté, avec des paroles évoquant pour les Malouines, pour Diego, pour la dernière de Leo [Messi], Argentine, je veux te voir double championne du monde…