Alerte de l’ONU : la famine menace seize zones critiques à travers le monde

L’insécurité alimentaire mondiale atteint des sommets alarmants. Mercredi, deux agences majeures des Nations unies ont tiré la sonnette d’alarme concernant l’aggravation de la faim dans plusieurs régions du globe. La raréfaction des financements internationaux place désormais des millions d’individus dans une situation de vulnérabilité extrême, au bord du gouffre.

Selon une analyse conjointe de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et du Programme alimentaire mondial (PAM), l’insécurité alimentaire aiguë s’intensifie dans seize territoires spécifiques, qualifiés de « zones critiques » par les experts basés à Rome.

Des régions en danger immédiat de catastrophe alimentaire

Parmi les zones les plus exposées, le rapport identifie Haïti, le Mali, la Palestine, le Soudan du Sud, le Soudan et le Yémen. Dans ces nations, les populations sont confrontées à une menace imminente de famine dévastatrice si aucune action d’envergure n’est entreprise rapidement.

Une situation jugée préoccupante dans de nombreux pays

D’autres pays figurent également sur cette liste de surveillance renforcée. L’Afghanistan, la République démocratique du Congo, la Birmanie, le Nigeria, la Somalie et la Syrie sont considérés comme étant dans une phase très inquiétante. Le document mentionne par ailleurs le Burkina Faso, le Tchad, le Kenya, ainsi que la crise touchant les réfugiés rohingyas au Bangladesh.

Les spécialistes soulignent que cette dégradation résulte de la convergence de plusieurs fléaux : les conflits armés, les chocs économiques brutaux, les dérèglements climatiques extrêmes et, surtout, une insuffisance critique des ressources financières allouées à l’aide humanitaire.

Un système d’aide humanitaire au bord de la rupture

Le manque de financement est aujourd’hui jugé « dangereusement élevé ». Sur les 29 milliards de dollars nécessaires pour répondre aux besoins des populations les plus fragiles, seuls 10,5 milliards ont été effectivement reçus. Ce déficit budgétaire contraint le PAM à réduire drastiquement son assistance aux réfugiés et à suspendre les programmes de repas scolaires dans plusieurs pays.

Cindy McCain, directrice générale du PAM, a averti que cette crise est une « catastrophe totalement évitable », précisant que l’inaction ne fera qu’alimenter l’instabilité. De son côté, Qu Dongyu, à la tête de la FAO, a rappelé que la prévention de la famine est un « investissement judicieux pour la paix et la stabilité à long terme », insistant sur l’urgence de financer les semences et les services vétérinaires pour protéger les moyens de subsistance ruraux.