Dans un contexte où l’Afrique de l’Ouest se positionne comme un carrefour économique incontournable, le Bénin et les Émirats arabes unis viennent de sceller un partenariat historique. Lors d’une visite officielle à Abou Dabi, un Accord de Partenariat Économique Global (CEPA) a été signé, promettant de bouleverser les échanges commerciaux entre les deux nations. Mais quels leviers cet accord actionnera-t-il concrètement ? Et quels enjeux se dessinent pour l’avenir économique de la sous-région ?
Un accord ambitieux pour briser les barrières commerciales
Le CEPA signé entre le Bénin et les Émirats arabes unis n’est pas un simple traité : c’est une stratégie économique visant à fluidifier les échanges et à stimuler les investissements mutuels. Voici les mesures phares qui le composent :
Des tarifs douaniers en chute libre pour dynamiser les échanges
L’un des piliers de cet accord repose sur la suppression progressive ou immédiate des droits de douane sur une multitude de produits. Concrètement, cela signifie :
- Des produits agricoles béninois pourront accéder plus facilement au marché des Émirats, stimulant ainsi les exportations locales.
- Les machines industrielles, les biens manufacturés et les services émiratis bénéficieront de meilleures conditions pour s’imposer au Bénin.
Une ouverture sans précédent pour les services et l’innovation
Les entreprises des deux pays verront leurs activités s’élargir grâce à :
- Une libéralisation des règles dans des secteurs clés comme la technologie, la finance et les services numériques.
- Des protections juridiques renforcées pour sécuriser les investissements et les partenariats transfrontaliers.
Une croissance déjà fulgurante avant même la ratification
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : entre 2021 et 2025, les échanges hors pétrole entre les deux pays ont doublé, passant de 1,01 milliard à 2,15 milliards de dollars. Au premier semestre 2026, cette tendance s’est confirmée avec une hausse de 37,4 % par rapport à la même période en 2025. Ces performances ont rendu indispensable la formalisation d’un cadre juridique solide pour encadrer ces flux et éviter les incertitudes.
Quels bénéfices concrets pour le Bénin et les émirats ?
Chaque partie y trouve son compte. Pour le Bénin, cet accord représente une avancée majeure pour :
- Élargir ses partenariats économiques au-delà des traditionnels liens avec l’Europe ou les pays voisins.
- Attirer des investisseurs émiratis dans des infrastructures clés, comme le Port de Cotonou ou la Zone Économique Spéciale de Glo-Djigbé.
- Devenir un hub logistique pour les Émirats en Afrique de l’Ouest, facilitant l’accès à un marché de 400 millions de consommateurs.
Du côté des Émirats arabes unis, l’accord s’inscrit dans une vision plus large :
- Sécuriser des approvisionnements agricoles en provenance d’Afrique.
- Investir dans des projets durables en Afrique de l’Ouest, comme les énergies renouvelables ou les infrastructures.
Et maintenant ? La ratification, étape cruciale pour l’entrée en vigueur
Signé à Abou Dabi, cet accord doit désormais franchir une dernière étape : la ratification parlementaire. Une fois validé par les autorités législatives du Bénin et des Émirats, les exonérations douanières et les incitations à l’investissement deviendront pleinement opérationnelles. Les entreprises pourront alors tirer pleinement profit de ce nouveau cadre, marquant le début d’une ère économique inédite pour les deux nations.