Nigeria : l’après-Pâques marqué par une vague de violences dévastatrices
Les communautés du Nigeria subissent de plein fouet les conséquences des massacres de Pâques, qui ont laissé derrière elles un bilan humain tragique et des traces de destruction sans précédent. Mgr Bulus Dauwa Yohanna, évêque du diocèse de Kontagora, partage son témoignage poignant sur la crise qui frappe les États du Niger et du Kebbi, dans le nord-ouest du pays.
Des attaques coordonnées et une impuissance des autorités
Les événements survenus depuis le Samedi saint, le 4 avril, illustrent l’ampleur de la crise sécuritaire au Nigeria. Selon l’évêque, des groupes armés ont parcouru plus de 100 kilomètres à moto, semant la terreur dans plusieurs villages, dont Debe, Kelkemi, Binua et Kaura. Malgré la présence de forces de sécurité, aucune intervention n’a permis d’empêcher ces agressions. Les zones touchées relèvent toutes du diocèse de Kontagora, où églises, mosquées et habitations ont été détruites.
«L’église catholique et la maison du catéchiste à Debe ont été entièrement rasées. Le catéchiste, sa famille et le pasteur pentecôtiste de l’Église du Rédempteur ont échappé de justesse à la mort», déclare Mgr Dauwa Yohanna. Le bilan humain reste incertain, mais les disparus laissent présager au moins 24 morts, tandis que des centaines de personnes se terrent encore, craignant pour leur vie.
Des motivations économiques derrière la violence
L’évêque pointe du doigt les éleveurs peuls, accusés de chercher à s’approprier des terres par la force. Depuis juillet 2025, la situation s’est dramatiquement dégradée dans le diocèse de Kontagora, où des bandits contrôlent désormais une zone de plus de 10 000 km². Les villages de Babana, Papiri et Agwara sont les seuls à bénéficier d’une présence militaire, mais le reste de la région échappe au contrôle des autorités nigérianes.
La population, terrorisée, évite désormais les rassemblements religieux par crainte d’attaques. Les offices de Pâques ont été réduits, et plusieurs paroisses se retrouvent sans prêtre, certains ayant fui ou été enlevés. La Conférence des évêques du Nigeria réitère son appel à l’action gouvernementale, mais l’Église reconnaît son impuissance face à des criminels agissant sans véritable interlocuteur.
Un appel à la communauté internationale
Pour Mgr Bulus Dauwa Yohanna, la crise au Nigeria nécessite une intervention urgente de la communauté internationale. Il exhorte les médias et les diplomates à se rendre sur place pour constater l’ampleur des dégâts. «Le Nigeria risque de s’effondrer. Ceux qui le peuvent fuient le pays», alerte-t-il, soulignant le rôle crucial des médias pour alerter l’opinion publique.
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