Trois hommes armés, onze morts : ce que l’on sait du raid de KwaMakhutha

Trois hommes armés, une fête privée, onze morts et trois blessés graves. Le township de KwaMakhutha, situé à une trentaine de kilomètres au sud de Durban, a basculé dans l’horreur dans la nuit du mardi 22 au mercredi 23 septembre 2026. Aucune arrestation n’a été annoncée à ce stade.

Ce qui s’est passé dans le secteur Ziko

Il était un peu moins de 23 h 00 lorsque le commando a forcé l’entrée d’une habitation du secteur Ziko. Une quinzaine de personnes participaient à une fête privée. Les assaillants ont ouvert le feu à bout portant sur les occupants, sans laisser la moindre chance aux victimes.

Dix personnes sont mortes sur place, au milieu du chaos. Une onzième a succombé à ses blessures quelques heures plus tard à l’hôpital, et trois autres, grièvement touchées, sont toujours prises en charge. Parmi les victimes figure une femme enceinte. Avant de prendre la fuite, les tueurs ont incendié le véhicule du propriétaire de la maison.

Le mobile : un règlement de comptes lié au grand banditisme

La police sud-africaine (SAPS) ratisse toujours le secteur, sans interpellation pour l’instant. Les renseignements criminels privilégient la piste d’un règlement de comptes : plusieurs personnes présentes dans la résidence étaient déjà fichées par les autorités pour grand banditisme et trafics locaux.

Thami Ntuli, Premier ministre du KwaZulu-Natal, s’est rendu en urgence sur les lieux. Il a dénoncé les maux structurels qui rongent les quartiers populaires : blanchiment de l’argent du trafic de stupéfiants, prolifération incontrôlée d’armes à feu illégales et montée en puissance de milices privées qui imposent leur loi sur le territoire.

Une série noire qui n’en finit pas

KwaMakhutha s’ajoute à la longue liste des fusillades de masse qui frappent régulièrement les townships de Pretoria, Johannesburg et du Cap. Le pays enregistre en moyenne près de 60 homicides par jour.

Le recours à des commandos armés contre des résidences privées ou des débits de boisson clandestins, les shebeens, dit autre chose : l’incapacité de l’appareil sécuritaire à démanteler les réseaux de trafiquants et le marché noir des armes.

Traque de 72 heures, terreur durable

La direction nationale de la police a déclenché un plan de traque d’urgence de 72 heures pour retrouver les fuyards. À KwaMakhutha, la stupeur a vite cédé la place à une peur diffuse : celle de vivre dans des zones où la loi de l’État recule inexorablement devant celle des armes.

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