Tragédie au lac Tchad : des pêcheurs nigérians victimes des frappes tchadiennes contre Boko Haram

Des militaires tchadiens de la Force multinationale mixte partant en patrouille, le 6 mai 2026.

L’armée de l’air tchadienne a rapidement réagi suite aux attaques nocturnes dévastatrices menées par des groupes djihadistes contre sa base militaire de Barka Tolorom. Ces assauts, survenus le 4 mai, ont causé la mort de 25 personnes, dont deux généraux, et blessé 46 autres. En réponse, des avions de chasse tchadiens ont ciblé des îles du lac Tchad, réputées sous le contrôle de Boko Haram, situées à la jonction des frontières du Nigeria, du Niger et du Tchad. L’île de Shuwa, en particulier, aurait été visée. Elle est identifiée comme un important bastion djihadiste et un centre de pêche très fréquenté par des pêcheurs nigérians.

Ces opérations aériennes ont eu des répercussions tragiques. Selon un représentant du syndicat des pêcheurs du lac Tchad, au moins quarante pêcheurs nigérians sont désormais portés disparus, et il est fortement présumé qu’ils se seraient noyés durant les bombardements. La majorité de ces disparus seraient originaires de Doron Baga, une ville située sur les rives nigérianes du lac, déjà tristement célèbre pour un massacre de masse ayant coûté la vie à environ 2 000 personnes en 2015.

Curieusement, la presse nigériane reste silencieuse face à ces allégations émanant du Tchad. Cette absence de réaction intervient dans un contexte où l’armée nigériane est elle-même fréquemment mise en cause pour des bombardements ayant touché des populations civiles. Un incident similaire, impliquant des frappes aériennes, s’était produit il y a seulement quelques semaines.