Tchad : un retard marqué sur les droits économiques des femmes en afrique

Le Tchad face à l’inégalité économique des genres : un classement qui interroge

L’indice Women, Business and the Law 2026 de la Banque mondiale révèle une réalité contrastée pour les droits économiques des femmes en Afrique. Si plusieurs nations africaines affichent des progrès notables en matière d’égalité, le Tchad peine à suivre le rythme.

Un score bien en dessous des attentes continentales

Avec un score de 51,40 sur 100, le Tchad se classe 36ème sur 54 économies africaines. Une position qui le place derrière le Burundi (52,68 points, 35ème) et devant le Botswana et le Nigeria (51,10 points, 37èmes à égalité). Ce résultat situe le pays dans la seconde moitié du classement africain, loin des nations les plus avancées.

En tête du classement, l’île Maurice domine avec 82,30 points. Le Togo suit de près avec 79,33 points, devant la Côte d’Ivoire (78,25 points), la Zambie et l’Afrique du Sud. Ces performances s’appuient sur des réformes structurelles renforçant l’autonomie économique des femmes.

Des avancées limitées malgré quelques progrès

Le Tchad affiche un score inférieur aux moyennes africaine (environ 67 points) et mondiale. Une des rares avancées notables concerne la lutte contre le harcèlement sexuel dans les espaces publics, grâce à une loi récente. Cependant, des lacunes majeures persistent :

  • Accès restreint au crédit pour les femmes ;
  • Absence de protections solides contre les discriminations professionnelles ;
  • Inégalités en matière de droits parentaux et d’héritage ;
  • Reconnaissance insuffisante des droits fonciers et immobiliers.

Ces obstacles freinent la pleine participation des femmes tchadiennes à l’économie, malgré leur forte présence dans des secteurs clés comme l’agriculture et l’économie informelle.

Un fossé persistant entre législation et application

Le rapport met en lumière un problème récurrent en Afrique : l’écart entre les lois votées et leur mise en œuvre effective. À l’échelle mondiale, seulement 50 % des textes favorisant l’égalité sont appliqués concrètement.

Pour le Tchad, ce classement souligne l’urgence d’agir. Des réformes ciblées sur le droit à la propriété, l’accès au financement et la protection contre les violences pourraient transformer la donne. Une approche globale est nécessaire pour stimuler une croissance économique plus inclusive et équitable.