Lors de l’inauguration du siège du parti Pastef à Touba, à près de 200 kilomètres à l’est de Dakar, le président de l’Assemblée nationale sénégalaise Ousmane Sonko n’a pas hésité à livrer une charge virulente contre le chef de l’État Diomaye Faye. Il a dénoncé un président « manipulé » et « influençable », selon des déclarations retransmises par la presse nationale.
Dans un discours sans équivoque, Ousmane Sonko a fustigé Diomaye Faye, qu’il qualifie de « marionnette » et de dirigeant « frileux ». Selon ses propos, le président actuel se laisserait aisément influencer par des acteurs politiques opportunistes. « Que Dieu nous préserve d’un président aussi faible », a-t-il lancé, avant d’ajouter : « C’est une véritable catastrophe. Il se laisse manipuler par des hommes politiques de la dernière heure. »
Il a particulièrement pointé du doigt les tentatives de Diomaye Faye pour instrumentaliser les forces de défense et de sécurité, ainsi que les rumeurs autour d’un éventuel second mandat. « L’opposition le manipule en lui faisant croire qu’il contrôle les armées et qu’il pourrait briguer un nouveau quinquennat », a-t-il souligné, mettant en garde contre une telle dérive.
Un revirement politique surprenant ?
Malgré son soutien initial à la candidature de Diomaye Faye lors de l’élection présidentielle de 2024, Ousmane Sonko a révélé avoir pris ses distances avec le président. D’après ses révélations, Diomaye Faye aurait œuvré en secret pour fonder son propre mouvement au sein même du parti au pouvoir. « Avec le recul, je réalise qu’il préparait son propre parti, même en tant que Secrétaire général et coordinateur des cadres », a-t-il expliqué.
Une fois élu, Diomaye Faye aurait cru pouvoir s’appuyer sur l’ancienne majorité, mais cette stratégie aurait échoué. « Il pensait récupérer la majorité des cadres après m’avoir écarté, mais personne ne l’a suivi », a-t-il conclu, mettant en lumière les tensions au sein de la majorité présidentielle.
