Au Sénégal, une organisation de la société civile a récemment pointé du doigt la faible implication des chrétiens dans la sphère politique nationale. Le Mouvement autonome chrétien pour le développement durable (MAC 20) a clairement indiqué, lors d’un forum organisé à Mbour en février, que l’engagement des fidèles devait être plus marqué, notamment en vue des prochaines échéances électorales.
Cette rencontre, présidée par le ministre des Forces armées de l’époque, Augustin Tine, avait pour thème central : « Engagement politique chrétien et leadership ». L’objectif affiché était d’encourager les catholiques à assumer davantage de responsabilités au sein des partis politiques du pays.
Un leadership chrétien à construire
Emile Daly Diouf, président du MAC 20, a insisté sur la nécessité pour les chrétiens de Sénégal de dépasser leur statut de minorité active pour devenir des acteurs incontournables de la vie politique. « Bien que nous soyons une minorité, notre engagement doit être massif et visible », a-t-il déclaré. Il a souligné que, malgré la présence de chrétiens dans les partis, aucun leadership chrétien structuré ne se dégageait.
« Les chrétiens doivent gagner les espaces où se prennent les décisions stratégiques et y faire entendre leur voix », a-t-il ajouté. Le mouvement a également évoqué la possibilité de soutenir des candidats aux prochaines élections présidentielles, sans pour autant proposer de noms. « Notre rôle est d’accompagner les autorités religieuses et de soutenir ceux qui, parmi les chrétiens, souhaitent s’investir en politique », a précisé Diouf.
Une représentation politique quasi inexistante
Hélène Tine, députée et figure chrétienne engagée, a confirmé cette réalité en évoquant la faible présence des chrétiens au Parlement. « Nous sommes des citoyens à part entière et l’Église nous encourage à participer activement à la gestion des affaires publiques », a-t-elle rappelé. Actuellement, sur les 150 sièges de l’Assemblée nationale, seulement trois sont occupés par des députés chrétiens, dont elle-même.
« Sur les listes électorales, les chrétiens sont souvent placés dans des positions non éligibles, ce qui limite leur représentation », a-t-elle expliqué. Elle a appelé à une meilleure collaboration entre les communautés chrétiennes et les partis politiques pour favoriser une représentation équilibrée, conformément aux valeurs de diversité du Sénégal.
« L’implication politique des chrétiens doit évoluer pour refléter leur dynamisme dans d’autres domaines », a-t-elle conclu, invitant à une mobilisation accrue des fidèles.
