Le président sénégalais prend les rênes des pourparlers avec le Fonds monétaire international
Alors que le Premier ministre Ousmane Sonko organisait à Dakar un colloque axé sur « les alternatives aux plans imposés par les institutions financières internationales », impliquant des universitaires et des économistes controversés, le cabinet présidentiel a confirmé que le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, supervise personnellement les négociations avec le FMI. Cette décision intervient dans un contexte marqué par la révélation, en 2024, de dettes cachées héritées du gouvernement précédent.
Pour marquer son leadership, Diomaye Faye a rencontré Kristalina Georgieva, directrice générale du FMI, en marge du sommet Africa Forward à Nairobi. Les deux responsables ont exploré des pistes pour résoudre la crise d’endettement qui frappe le Sénégal. Leur échange s’est conclu sur un accord pour approfondir les discussions, selon le communiqué de la Présidence. « Cette problématique est une priorité absolue pour le président, qui y consacre toute son attention », souligne le document officiel. Les échanges ont également porté sur les répercussions des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, notamment la flambée des prix de l’énergie et ses conséquences sur l’économie nationale.
Une restructuration de la dette jugée inacceptable
En 2023, Ousmane Sonko avait fermement rejeté les pressions du FMI pour une restructuration de la dette, la qualifiant de « mesure humiliante ». Pourtant, le gouvernement doit désormais faire face à une situation critique : le Fonds a gelé en 2024 un programme d’aide de 1,8 milliard de dollars après la découverte d’erreurs dans les rapports économiques transmis par les autorités sénégalaises. Désormais, Dakar cherche à obtenir un nouveau prêt pour alléger un endettement dépassant 130 % du PIB.
Perspectives économiques en berne
Le FMI a revu à la baisse ses prévisions de croissance pour le Sénégal cette année. Par ailleurs, l’institution anticipe un déficit du compte courant plus marqué que prévu, renforçant les défis budgétaires du pays. Dans ce contexte, la stratégie de négociation directe initiée par Diomaye Faye vise à rétablir la confiance des partenaires financiers et à sécuriser des financements adaptés aux besoins urgents de l’État.
