Sénégal : crise politique après le limogeage du Premier ministre Ousmane Sonko

Un renversement politique inattendu au Sénégal

Portrait officiel d'Ousmane Sonko

Le paysage politique sénégalais vient de connaître un tournant décisif. Le président de la République a mis fin ce vendredi à la fonction de Premier ministre d’Ousmane Sonko, quelques heures seulement après un échange tendu entre ce dernier et les membres du Parlement. Cette décision survient après des semaines de tensions croissantes au sein des plus hautes instances de l’État.

Un désaccord public sur les fonds politiques

Lors de son passage à l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko a vivement critiqué l’existence de fonds politiques non transparents. Cette prise de position a ravivé les spéculations sur une possible crise institutionnelle. Pourtant, il y a trois semaines, le président Bassirou Diomaye Faye avait tenté de rassurer l’opinion publique en déclarant : « C’est mon Premier ministre. Tant que je lui fais confiance, il reste en poste. Le jour où ce ne sera plus le cas, je procéderai à son remplacement. » Une déclaration qui semblait alors apaiser les tensions.

Réactions en cascade après l’annonce

Dès le lendemain, Ousmane Sonko a réagi publiquement en s’adressant à ses partisans. Il a appelé à un renforcement de l’engagement militant, insistant sur le fait que le Pastef incarne avant tout un projet collectif, fondé sur l’abnégation et le dévouement à la nation. Peu après, le chef de l’État a nommé Me Abdoulaye Tine comme porte-parole de la Présidence, remplaçant Ousseynou Ly, perçu comme un allié de Sonko. Ce dernier a immédiatement réaffirmé sa loyauté envers le parti en déclarant : « Mon engagement envers le projet de transformation du Pastef, porté par Ousmane Sonko, reste inébranlable. Ce projet, porteur d’espoir pour un Sénégal souverain et prospère, guide toujours notre action. »

Des visions opposées pour la coalition Diomaye Président

Au cœur des divergences figure la question de l’avenir de la coalition Diomaye Président. Ousmane Sonko prône sa dissolution, tandis que le président Faye, au contraire, souhaite la maintenir, soulignant son rôle clé dans la victoire électorale de 2024.

Un contexte économique sous haute tension

Cette crise politique intervient alors que le pays traverse une période économique difficile. L’activité ralentit, la dette publique frôle les 132 % du PIB, et la signature souveraine du Sénégal a été dégradée à plusieurs reprises. Les difficultés d’accès aux marchés internationaux et les négociations en cours avec le Fonds monétaire international (FMI) ajoutent une pression supplémentaire sur l’économie nationale.

Fin d’un tandem historique

Cette rupture marque la fin d’une collaboration politique entamée il y a une dizaine d’années. Empêché de se présenter à l’élection présidentielle de 2024, Ousmane Sonko avait soutenu la candidature de Bassirou Diomaye Faye, qui l’a emporté dès le premier tour avec plus de 54 % des voix face à Amadou Ba, ancien Premier ministre sous Macky Sall.