Sahara occidental : les États-Unis à l’heure du choix face aux ambitions marocaines

Sahara occidental : les États-Unis pourraient-ils basculer définitivement en faveur du Maroc ?

Depuis le début du mois d’août, les signes d’un alignement croissant entre Washington et Rabat se multiplient. Les États-Unis, partenaires historiques du Maroc, semblent désormais prêts à franchir une nouvelle étape dans leur soutien à ses revendications territoriales. Après avoir validé en 2020 le plan d’autonomie marocain pour le Sahara occidental, Washington envisage désormais d’appuyer les positions marocaines sur les enclaves de Ceuta et Melilla, deux territoires espagnols situés en Afrique du Nord.

Cette évolution s’inscrit dans un contexte de tensions diplomatiques accrues entre le Maroc et l’Espagne, alors que des milliers de personnes, originaires du Maroc et d’Afrique subsaharienne, ont récemment franchi la frontière de Ceuta. Une situation qui exerce une pression sans précédent sur Madrid, alors que Rabat renforce son influence régionale.

Renforcement des relations entre les États-Unis et le Maroc en 2026

Un contexte géopolitique en pleine mutation

Le Maroc mise sur le momentum actuel pour obtenir un soutien américain sans équivoque. En 2020, l’administration américaine de l’époque avait déjà marqué un tournant en reconnaissant le plan d’autonomie marocain pour le Sahara occidental, un geste conditionné par la normalisation des relations entre Rabat et Israël. Aujourd’hui, Washington pourrait aller plus loin en s’alignant sur les revendications marocaines concernant Ceuta et Melilla, deux villes espagnoles sous souveraineté européenne depuis des siècles.

Cette dynamique s’accompagne d’un renforcement des échanges économiques et diplomatiques entre les deux pays. Les analystes soulignent que le Maroc perçoit cette période comme « le moment ou jamais » pour faire valoir ses positions, alors que la pression sur l’Espagne atteint des niveaux critiques.

Ceuta et Melilla : des territoires sous haute tension

La semaine dernière, plus de 10 000 personnes, principalement des Marocains et des migrants subsahariens, ont franchi la frontière de Ceuta, un territoire espagnol enclavé au nord du Maroc. Cet afflux soudain a provoqué une crise humanitaire et politique, mettant en lumière les tensions persistantes entre Madrid et Rabat.

Dans ce contexte, le Maroc pourrait tirer profit du soutien américain pour faire pression sur l’Espagne et renforcer sa position dans les négociations territoriales. Les observateurs s’interrogent : Washington est-il prêt à franchir le pas et à reconnaître officiellement les revendications marocaines sur ces enclaves ?

Riccardo Fabiani, spécialiste de l’Afrique du Nord au sein du International Crisis Group, analyse les enjeux de cette relation triangulaire entre les États-Unis, le Maroc et l’Espagne. Selon lui, l’évolution de la politique américaine dans la région pourrait redéfinir les équilibres géopolitiques en Afrique du Nord.