Rencontre historique entre la France et la Mauritanie sous le signe de l’amitié et du partenariat renforcé

Le Président français a accueilli Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, Chef d’État de la Mauritanie, au Palais de l’Élysée ce mercredi.

À un mois du sommet Africa Forward prévu les 11 et 12 mai à Nairobi, symbole d’un partenariat renouvelé entre la France et les nations africaines, cette visite d’État illustre la volonté partagée de consolider les échanges politiques, culturels et économiques entre les deux pays.

Dès son arrivée, le Président mauritanien a échangé avec la presse en compagnie de son homologue français.

Revivez leur déclaration conjointe :

15 avril 2026 – Seul le prononcé fait foi

Déclaration conjointe du Président de la République à l’occasion de la visite d’État de Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, Président de la République islamique de Mauritanie

Mesdames et Messieurs, chers amis, je vous remercie d’être présents aujourd’hui.
Monsieur le Président, mon cher ami,

C’est un honneur pour la France de vous recevoir à Paris pour cette visite d’État. Votre présence envoie un message fort : celui de l’amitié, de la confiance et de la lucidité dans un monde en pleine mutation. Cette visite, la première de ce niveau depuis plus de trois décennies, intervient à un moment où nos responsabilités communes n’ont jamais été aussi importantes.

La Mauritanie occupe une place centrale dans notre partenariat avec l’Afrique. Son rôle stratégique, à la croisée des mondes arabe et africain, en fait un acteur incontournable. Les choix courageux portés par son Président, axés sur la stabilité, le dialogue et la souveraineté, ainsi que son engagement dans une région du Sahel en proie à l’instabilité, témoignent d’une vision d’avenir.

Face aux défis sécuritaires, aux menaces terroristes et aux trafics transfrontaliers, la Mauritanie et la France ont fait le choix d’un partenariat responsable, fondé sur le respect mutuel et la coopération. Nous partageons une même volonté d’agir ensemble pour préserver la stabilité de la région et éviter une aggravation des crises.

Dans un contexte international marqué par le retour des rapports de force et les remises en question du multilatéralisme, la Mauritanie et la France défendent une vision claire : celle d’un ordre international basé sur des règles, la coopération et l’équilibre. La Mauritanie, par sa voix influente en Afrique, dans le monde arabe et au sein de la francophonie, apporte une contribution essentielle à cette dynamique.

Nos positions convergent également sur les grands enjeux contemporains : la lutte contre le changement climatique, la préservation des océans, la sécurité alimentaire et la refonte des équilibres économiques mondiaux pour donner toute sa place au continent africain. Cette relation, à la fois politique et économique, doit désormais se traduire par des résultats concrets.

La Mauritanie s’affirme aujourd’hui comme un pays d’opportunités. Nos entreprises y sont déjà bien implantées, générant des emplois et des investissements. Citons notamment Meridiam, qui a investi 155 millions d’euros dans le terminal à conteneurs du port de Nouakchott et emploie près de 350 Mauritaniennes et Mauritaniens. Près de 40 entreprises françaises, quant à elles, emploient plus de 2 000 locaux. Mais nous aspirons à aller plus loin, plus vite, de manière plus structurée. Cette visite d’État en est la parfaite illustration.

Dans les domaines des infrastructures, de l’énergie, de l’eau, de l’agriculture et des villes durables, nous avons une responsabilité commune : accompagner une économie génératrice d’emplois pour répondre aux aspirations de la jeunesse. Je me réjouis particulièrement de l’avancement d’un projet porté par Razel-Bec, qui, grâce à un prêt concessionnel du Trésor français, permettra d’augmenter de 50 % les capacités de production d’eau pour Nouakchott. Par ailleurs, l’hybridation de dix centrales thermiques, financée à hauteur de 40 millions d’euros, contribuera à renforcer la résilience du système électrique mauritanien.

Dans un monde où certains partenaires se replient, la France choisit de maintenir ses investissements solidaires. Alors que d’autres ont fermé leurs agences de coopération ces dernières années, nous avons doublé notre portefeuille de projets, notamment via l’Agence française de développement. Cet engagement se concrétise notamment par notre soutien aux autorités mauritaniennes, qui accueillent plus de 300 000 réfugiés à l’est du pays. Je tiens à saluer votre sens des responsabilités, Monsieur le Président, face à cet enjeu humanitaire majeur.

Le message est sans ambiguïté : la Mauritanie n’est pas seule. La France restera à ses côtés, par ses entreprises, ses financements et ses outils de développement. Cette visite s’inscrit également dans la préparation du forum d’affaires que vous lancerez prochainement.

Enfin, votre déplacement à Brest pour discuter d’économie bleue et de sécurité maritime, ainsi que notre participation commune au sommet Africa Forward à Nairobi, illustrent notre ambition partagée : refonder la relation entre nos deux pays, mais aussi entre la France et l’Afrique. Une relation tournée vers l’investissement, l’innovation, la jeunesse et les sociétés civiles, assumant pleinement son caractère politique, économique et stratégique.

Nous avons une responsabilité historique : ne pas subir les recompositions du monde, mais y prendre toute notre place. Nos deux pays entendent relever ce défi ensemble. Au fil des années, nous avons appris à nous connaître. J’ai pu mesurer votre détermination et votre courage dans les moments les plus difficiles. C’est donc avec une grande fierté que je vous accueille aujourd’hui pour cette visite d’État, en compagnie de Madame la Première dame, de vos ministres et de votre délégation.

Monsieur le Président, merci pour votre confiance, pour l’amitié que vous portez à la France et pour ces nouvelles pages que nous écrivons ensemble. Merci infiniment.

La journée s’est poursuivie par un entretien bilatéral approfondi sur les grands enjeux régionaux et internationaux. Le dîner d’État organisé en soirée au Palais de l’Élysée a clos ce programme chargé.