À l’occasion de la Fête nationale française, le ministre sénégalais Me Moussa Sarr a dressé un bilan renouvelé des relations entre le Sénégal et la France. Il a souligné la nécessité d’adapter leur partenariat aux réalités actuelles, tout en réaffirmant l’importance des fondements historiques qui unissent les deux nations.
Dans un discours marqué par la volonté de transparence, Me Moussa Sarr a décrit la relation franco-sénégalaise comme « une alliance profonde, ancrée dans l’histoire », façonnée par des échanges humains, culturels et économiques. Cependant, il a précisé que cette dynamique entre désormais dans une phase de modernisation, où le dialogue doit répondre aux attentes des populations et aux défis géopolitiques actuels.
Des principes fondamentaux pour un partenariat équilibré
Le ministre a détaillé les cinq piliers sur lesquels repose cette ambition : la souveraineté des États, la confiance mutuelle, l’écoute active, l’égalité des partenaires et la recherche d’intérêts communs. Ces valeurs, selon lui, doivent guider les futures négociations pour renforcer une coopération plus juste et adaptée aux enjeux contemporains.
Les secteurs clés de la coopération bilatérale
Me Moussa Sarr a mis en avant les domaines prioritaires de la collaboration entre Dakar et Paris. Parmi eux :
- L’éducation et la formation professionnelle, avec une attention particulière portée à l’enseignement supérieur et aux programmes d’insertion professionnelle ;
- La santé et les infrastructures, incluant les projets d’assainissement et de développement territorial ;
- L’agriculture, l’énergie et les transports, essentiels pour soutenir la croissance économique ;
- La recherche et l’innovation, avec des initiatives conjointes pour stimuler l’économie numérique ;
- La mobilisation de la diaspora sénégalaise, via des programmes comme le PAISD, qui favorisent les échanges et le développement local.
Le ministre a également salué le rôle de la France comme première destination des étudiants sénégalais, avant de remercier officiellement Paris pour son soutien logistique lors des Jeux olympiques de la jeunesse 2026, notamment en matière de sécurité et de protocole.
La question mémorielle : des avancées concrètes
Un volet sensible du discours a porté sur la mémoire historique, souvent source de tensions. Me Moussa Sarr a révélé l’ouverture de dialogues constructifs sur plusieurs fronts :
- L’accès aux archives et la déclassification de documents ;
- La création de programmes de formation croisés pour les archivistes et professionnels du patrimoine ;
- L’envoi d’experts français pour participer à des fouilles archéologiques, bien que les sites concernés n’aient pas été précisés.
Un multilatéralisme renouvelé face aux défis globaux
Enfin, le ministre a abordé les enjeux internationaux, appelant à une coopération internationale renforcée dans des domaines cruciaux :
- La sécurité régionale et la lutte contre le terrorisme ;
- Le changement climatique et la transition énergétique ;
- La souveraineté alimentaire et la gouvernance économique ;
- La mobilité des personnes et la stabilité politique.
Il a conclu en annonçant la tenue de séminaires intergouvernementaux dans les prochains mois, afin de définir les priorités d’un partenariat tourné vers l’avenir, plus équilibré et adapté aux aspirations des deux peuples.
