Paraguay : comment l’effondrement de Ueno Bank a forcé la chute du président Peña ?

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Le Paraguay fait face à une crise sans précédent. Entre effondrement bancaire, faillite de confiance et déstabilisation politique, le président Santiago Peña a choisi de quitter le pouvoir. Mais comment cette chute spectaculaire a-t-elle pu se produire en quelques jours seulement ?

Ueno Bank, l’étincelle d’une crise aux proportions historiques

Tout a commencé par la fermeture brutale de Ueno Bank, un géant bancaire paraguayen. Avec près de trois millions de clients dans un pays de six millions d’habitants, l’établissement était devenu un pilier du système financier. Pourtant, la Banque centrale a dû intervenir pour suspendre ses activités après avoir découvert que son ratio de solvabilité était descendu sous les 50 %, un seuil critique.

Les conséquences furent immédiates : des millions d’épargnants, de retraités et de salariés se sont retrouvés privés d’accès à leurs économies. Pire encore, la banque gérait des fonds publics colossaux, notamment ceux liés aux pensions de retraite. Une situation explosive qui a plongé le Paraguay dans le chaos.

Une colère populaire qui a tout emporté

Les rues d’Asunción ont rapidement transformé la crise bancaire en un mouvement de contestation massif. Des manifestants, souvent des épargnants ruinés ou des retraités en détresse, ont dénoncé l’incapacité des institutions à les protéger. Pour eux, la faillite de Ueno Bank n’est pas qu’un problème financier : c’est une trahison des responsables politiques.

La défiance envers les dirigeants s’est généralisée, alimentée par des soupçons de corruption et de conflits d’intérêts au plus haut niveau de l’État.

Santiago Peña, pris au piège de ses anciennes relations

Le président Santiago Peña n’a pas réussi à échapper à la tempête. Bien qu’il ait vendu ses parts dans le groupe contrôlant Ueno Bank avant son élection, les accusations de complicité persistent. L’opposition l’accuse d’avoir favorisé des intérêts privés, d’avoir négligé les alertes sur la santé de la banque et d’avoir exposé les fonds publics à des risques inconsidérés.

Ces allégations, combinées à la démission du président de la Banque centrale Carlos Carvallo – lui-même ancien dirigeant de Ueno Bank –, ont achevé de discréditer l’exécutif.

La destitution, l’ultime coup de grâce

La pression politique est devenue insoutenable. L’opposition a engagé une procédure de destitution, tandis que des figures majeures du Parti colorado, au pouvoir, retiraient leur soutien à Santiago Peña. Le 5 novembre 2026, alors que la Chambre des députés s’apprêtait à voter sa mise en accusation, le président a annoncé sa démission.

Une décision rare qui illustre l’ampleur de la crise : le Paraguay, autrefois modèle de stabilité économique, vacille désormais sous le poids de ses propres failles institutionnelles.

Pedro Alliana, un héritage explosif à gérer

Le vice-président Pedro Alliana hérite d’un pays au bord du précipice. Sa première mission ? Rétablir la confiance dans le système bancaire et garantir le remboursement des déposants, dont les économies sont bloquées depuis des jours. Les autorités promettent des mesures d’urgence, mais la tâche s’annonce colossale.

Au-delà des urgences immédiates, une question persiste : comment un pays réputé pour sa stabilité économique a-t-il pu sombrer dans un tel désastre ? La réponse pourrait redessiner à jamais le paysage politique paraguayen.

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