Ousmane Sonko : un virage inattendu sur le Conseil constitutionnel

Le leader de Pastef, Ousmane Sonko, a opéré un revirement saisissant dans ses prises de position concernant le Conseil constitutionnel. Après avoir prôné le respect de ses décisions, il a récemment adopté un ton beaucoup plus critique, notamment lors d’un rassemblement à Touba.
Ousmane Sonko a basculé d’une posture apaisante à une critique acerbe envers le Conseil constitutionnel en l’espace de quelques semaines. Peu après l’annonce des Sages invalidant un texte parlementaire visant à étendre les pouvoirs du Parlement au détriment de ceux du président, il avait appelé au respect des institutions. « Cette décision s’impose à tous ! (…) En démocratie, lorsque les institutions jouent leur rôle, chacune dans son périmètre d’action, aucune crise ne peut survenir », avait-il alors affirmé.
Pourtant, lors de l’inauguration du siège de Pastef à Touba, son discours a radicalement changé. Face à ses partisans, il a vivement dénoncé la décision rendue par les membres du Conseil constitutionnel. « Le Conseil constitutionnel ne peut pas imposer aux députés de voter des lois pour satisfaire le président de la République. C’est une situation alarmante dans notre pays », a-t-il lancé avec fermeté.
Ousmane Sonko a également pointé du doigt la fréquence des saisines du Conseil constitutionnel par le chef de l’État. « Chaque semaine, le président recourt à cette institution », a-t-il souligné, en référence directe à Bassirou Diomaye Faye. Cette critique marque un tournant dans ses relations avec les institutions et révèle une tension croissante entre les discours publics et les actions politiques.
