Ousmane Sonko trace sa feuille de route au premier congrès du pastef

Écouter la lecture⏱ ~3 min

Le Pastef, formation majoritaire à l’Assemblée nationale sénégalaise, a tenu son tout premier congrès national les 6 et 7 juin 2026 à Dakar. L’occasion pour le parti fondé en 2014 de se donner un nouveau souffle, alors que le paysage politique se recompose sous l’impulsion de son leader.

La grand-messe s’est achevée dimanche 7 juin à Dakar Arena, devant des milliers de militants acquis à la cause d’Ousmane Sonko. Investi président du parti majoritaire, Sonko a présenté une feuille de route en trois volets : renforcer l’idéologie du parti, interpeller directement le pouvoir exécutif et verrouiller le calendrier électoral. Il a d’abord dressé le bilan de ce qu’il nomme « la première phase de la clarification », entamée depuis le grand rassemblement du 8 novembre précédent. « Politiquement, le Pastef est resté lui-même et sort plus fort de cette clarification », a-t-il affirmé. S’il admet que cette période a apporté « des surprises et des déceptions », il assure n’en avoir ressenti aucune personnellement. Il revendique pour son mouvement la paternité des grandes causes : lutte contre la corruption, justice, renégociation des contrats et préservation de la majorité parlementaire.

Sur le terrain de la gouvernance, Sonko a lancé des critiques directes contre le président de la République. « Ce pays a assez souffert des complots et des combines », a-t-il déclaré, appelant chaque institution à rester dans son rôle constitutionnel sans être instrumentalisée par des ambitions personnelles. La mise en garde est claire : « Même si le chef de l’État veut satisfaire des ambitions politiques, il ne faut pas accepter qu’il fragilise les institutions. »

Face à ceux qui évoquent une crise institutionnelle, il a opposé une lecture souveraine des urnes : « Il n’y a pas de crise institutionnelle au Sénégal. C’est le peuple qui a choisi de confier la présidence à quelqu’un et l’Assemblée nationale à un autre. »

Le verrou parlementaire sur les élections locales

Ousmane Sonko a fermement exclu tout report des élections locales, avançant à la fois un argument politique et procédural. « Le Pastef ne sera jamais d’accord pour un report des élections locales », a-t-il tranché, rappelant les contraintes constitutionnelles : « Pour le faire, il faut passer par l’Assemblée et voter une loi d’habilitation. »

Au sortir du meeting d’investiture du président du Pastef, la ligne était clairement tracée pour une nouvelle reconfiguration de la scène politique et une gouvernance renouvelée du jeu politique.

More From Author

L’actualité ivoirienne du 8 juin : entre déguerpissements, élections et espoirs sportifs

Cameroun : débat budgétaire 2027 sous tension financière et politique