ONU : les États-Unis alarment sur la situation des enfants en rdc

L’ONU face à l’urgence humanitaire : les États-Unis tirent la sonnette d’alarme pour les enfants de RDC

New York, États-Unis — Lors d’une séance historique du Conseil de sécurité des Nations Unies, les États-Unis ont dénoncé avec force les violences endémiques subies par des millions d’enfants en République démocratique du Congo (RDC). Une déclaration qui s’inscrit dans un contexte de tensions persistantes dans l’est du pays, où les groupes armés multiplient les exactions contre les populations civiles.

Une réalité alarmante pour les enfants congolais

S’exprimant au nom du gouvernement américain, l’ambassadrice Jennifer Locetta a rappelé que « aucun enfant ne devrait être privé de sécurité », un principe qui résonne particulièrement dans une région en proie à des conflits armés prolongés. Les États-Unis ont pointé du doigt la RDC parmi les pays où les violations des droits des enfants atteignent des niveaux critiques, notamment dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

Les enfants congolais, pris au piège des affrontements entre groupes armés et forces militaires, subissent des violences d’une gravité sans précédent : recrutement forcé, meurtres, violences sexuelles, attaques contre les écoles et les hôpitaux, et déplacements massifs. Ces exactions, souvent perpétrées par des groupes comme l’AFC/M23, soutenu par le Rwanda, aggravent une crise humanitaire déjà dévastatrice.

Selon les dernières estimations, plus de 632 civils, dont une majorité d’enfants, ont été tués en trois mois dans la région, selon les rapports de la MONUSCO. La résurgence de la rébellion de l’AFC/M23 a encore exacerbé la situation, malgré les efforts diplomatiques engagés par les États-Unis, le Qatar et l’Union africaine.

Les États-Unis critiquent le rapport de l’ONU sur les enfants et conflits armés

L’ambassadrice américaine n’a pas hésité à remettre en cause le dernier rapport du Secrétaire général de l’ONU sur les enfants et conflits armés (CAAC). Elle a estimé que ce document, loin de renforcer la protection des enfants, « ne contribue pas à l’objectif de paix et de sécurité » et présente une vision biaisée des dommages causés aux civils.

Jennifer Locetta a particulièrement dénoncé l’amalgame fait entre les actions des forces armées étatiques et celles des groupes terroristes, comme les Houthis. Pour Washington, cette approche « politisée et inexacte » nuit à la crédibilité du Bureau du Représentant spécial pour les enfants victimes de conflits armés et justifie le retrait des États-Unis de cette instance.

Elle a réaffirmé que la protection des enfants reste une priorité absolue pour les États-Unis, qui continuent de soutenir des mesures concrètes pour mettre fin à leur implication dans les conflits armés.

Un appel urgent à la communauté internationale

Au-delà de la RDC, les États-Unis ont étendu leur appel à la protection des enfants à d’autres zones de conflit, comme le Soudan, l’Ukraine et Haïti. L’objectif : mettre un terme aux violences, aux déplacements forcés et aux violations graves des droits des enfants, afin de briser le cycle de la pauvreté et de l’instabilité qui alimente les conflits.

Jennifer Locetta a souligné que « les enfants ne sont pas seulement des victimes collatérales des guerres, mais des cibles directes ». Leur accès à une éducation sûre et de qualité est compromis, ce qui aggrave les inégalités et perpétue les cycles de violence intergénérationnels.

Pour elle, « prendre des mesures pour protéger les enfants, c’est préserver notre avenir collectif et contribuer à mettre fin aux conflits persistants ».

Les six violations graves des droits des enfants en RDC

  • Recrutement et utilisation d’enfants par les groupes armés.
  • Meurtres et atteintes à l’intégrité physique des enfants.
  • Viols et violences sexuelles commis à leur encontre.
  • Attaques contre les écoles, hôpitaux et autres infrastructures protégées.
  • Enlèvements d’enfants pour des motifs divers.
  • Refus d’accès à l’aide humanitaire pour les populations civiles, y compris les enfants.

Un appel à l’action immédiate

Face à l’urgence de la situation, les États-Unis ont appelé la communauté internationale à approuver sans délai la première mission de vérification du cessez-le-feu dans l’est de la RDC, conformément aux engagements pris lors de la conférence de Londres. Ils ont réaffirmé leur engagement à soutenir les initiatives visant à restaurer la paix et la stabilité dans la région.

Cette déclaration intervient alors que la crise humanitaire en RDC s’aggrave, avec plus de 27 millions de personnes en insécurité alimentaire et des milliers d’enfants déplacés ou séparés de leurs familles.

En images : la crise humanitaire dans le Nord-Kivu

Déplacés de Rutshuru, dans la province du Nord-Kivu, où la crise humanitaire s’aggrave chaque jour.

Cette intervention des États-Unis à l’ONU rappelle l’urgence d’agir pour protéger les enfants congolais, victimes collatérales d’un conflit qui dure depuis des décennies. Leur sécurité et leur avenir doivent être au cœur des priorités pour une paix durable dans la région.