Un engagement financier massif au service de la résilience hydrique marocaine
Un ambitieux programme de 3,7 milliards de dirhams (348 millions d’euros) a été officiellement lancé à Rabat pour soutenir le Plan national de l’eau (PNE) du Maroc. Ce partenariat stratégique repose sur une combinaison de subventions européennes et de prêts à taux préférentiels octroyés par trois institutions financières du continent, dans une démarche coordonnée baptisée « Équipe Europe ».
Une mobilisation financière à multiples facettes
Ce dispositif inédit s’appuie sur une enveloppe de 514,4 millions de dirhams (48 millions d’euros) de subventions européennes, complétée par trois prêts concessionnels totalisant environ 3,2 milliards de dirhams (300 millions d’euros). Ces fonds proviennent du network JEFIC et sont gérés par la banque allemande Kreditanstalt für Wiederaufbau (KfW), l’institution italienne Cassa Depositi e Prestiti (CDP) et l’Agence française de développement (AFD). La France, en tant que chef de file, supervise la coordination de ce cofinancement.
Des priorités ciblées pour une gestion durable de l’eau
Les fonds alloués serviront à renforcer plusieurs axes stratégiques :
- L’amélioration des connaissances sur les ressources hydriques, en tenant compte des impacts du réchauffement climatique ;
- Le renforcement de la gestion des phénomènes extrêmes, comme les sécheresses prolongées ou les inondations dévastatrices ;
- La préservation des nappes phréatiques, essentielles pour l’équilibre écologique ;
- Le renforcement des capacités des institutions chargées de la gouvernance de l’eau.
Le Maroc face aux défis climatiques : une adaptation en marche
Lors de la cérémonie de lancement, Nizar Baraka, ministre de l’Équipement et de l’eau, a souligné l’urgence d’agir face à la sécheresse récurrente. Il a rappelé que le Royaume avait repensé son modèle de gestion de l’eau pour le rendre plus résilient. Ce programme européen s’inscrit dans cette vision, en promouvant « la préservation pérenne des ressources hydriques malgré les aléas climatiques et les événements extrêmes ».
Des ambassadeurs unis pour une cause commune
Philippe Lalliot, représentant de la France au Maroc, a mis en avant le rôle central de l’AFD dans cette initiative. Dimiter Tzantchev, ambassadeur de l’Union européenne, a quant à lui rappelé que ce programme s’inscrivait pleinement dans les priorités du Partenariat Vert Maroc-UE et du Pacte pour la Méditerranée. Ces cadres visent à consolider la coopération bilatérale face aux défis climatiques partagés.
Robert Dölger, ambassadeur d’Allemagne, a insisté sur l’importance du financement allemand, axé sur « l’adaptation climatique et la protection des eaux souterraines ». Son homologue italien, Pasquale Salzano, a pour sa part souligné que la contribution de l’Italie s’inscrivait dans une démarche inclusive, intégrant « l’égalité des genres comme levier essentiel pour la réussite du projet ».
Un impact concret sur les politiques publiques
Ce financement contribuera directement à la mise en œuvre du Plan national de l’eau ainsi qu’au Programme national d’alimentation en eau potable et d’irrigation (PNAEPI) pour la période 2020-2027. Ces dispositifs visent à garantir un accès équitable à l’eau pour tous, tout en optimisant l’usage de cette ressource vitale dans un contexte de stress hydrique accru.
